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    Traité des instruments de Martyre...

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    Traité des instruments de Martyre...

    Message par Admin le Lun 28 Mai - 9:11


    Ce fil est ouvert, en mémoire de nos premiers frères chrétiens et de leur perfection dans l' imitation de Jésus-Christ et l'amour de la Vérité. Aujourd'hui où le monde catholique se vautre dans la permissivité du vice et de toutes formes d'apostasie, peut être un foyer de réflexion susceptible de leur faire prendre conscience de l'état de leur âme...

    Prions afin que le moment venu, s'il vient, nous soyons recouverts de la force surnaturelle des martyres des premiers temps de l'Eglise, afin d'être dignes d'être appelés chrétiens !





    Antonio Gallonio

    Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les païens contre les chrétiens
    Traduction par un inconnu, sur les originaux italien et latin.
    Charles Carrington, 1904 (édition originale italienne, 1591 ; trad. latine, 1594) (pp. v-vi).

    NOTE DE L’ÉDITEUR


    Le Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les païens contre les chrétiens est dû à l’érudition pieuse d’un religieux oratorien, le R. P. Antonio Gallonio.
    L’édition originale, en langue italienne, parut à Rome, en 1591, sous le titre : Trattato degli instrumenti di martirio e delle varie maniere di martirizare. Ce volume in-quarto qu’ornait une série de quarante-six gravures, exécutées sur cuivre, d’après les dessins de Giovani de Guerra, de Modène, peintre de Sixte-Quint, par Antonio Tempesta, de Florence, connut dès son apparition une vogue immense. Une édition de la version latine due à l’auteur et qui suivit de près l’originale, celle de Paris de 1659 et d’autres très nombreuses, d’un format réduit, illustrées de mauvaises copies des gravures de Tempesta, rendirent populaire ce livre savant et simple.
    Il répondait à un besoin.
    Les martyrs chrétiens avaient, aux premiers siècles de l’Église, subi le sort commun qu’inflige l’humanité aveugle à ceux qui voient luire une aube nouvelle à travers ses ténèbres. C’était là chose sue et souvent répétée, tradition sacrée, mais les détails affreux des supplices endurés, les noms et la forme des multiples engins, des pressoirs féroces qui avaient servi à cette vendange céleste, des cruelles et terribles meules qui avaient écrasé le bon grain des moissons du Christ, n’étaient connus que des savants.
    Le peuple chrétien apprit ainsi à vénérer davantage ceux qui lui avaient permis, par leurs tortures, de prier dans la paix.
    Nous avons cru devoir ressusciter de l’ombre ce curieux ouvrage.
    Il sera une révélation pour plusieurs et nous sommes certains que si le bibliophile accueille ce curieux Traité du Père Gallonio pour le soin que nous avons pris de le restituer presque en sa forme première, avec les mêmes gravures, les chrétiens modernes le tiendront pour le supplément indispensable aux « Vies des Martyrs » et le livre de noblesse de leurs ancêtres spirituels.


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    CHAPITRE PREMIER

    Message par Admin le Lun 28 Mai - 9:27

    CHAPITRE PREMIER
    De la Croix, des Poteaux et autres engins de supplice, auxquels étaient suspendus les corps des Chrétiens
    qui demeuraient fermes dans la confession du Christ


    Considérant que nous nous proposons, dans ce livre, de traiter des divers instruments de supplice, et des modes de torture sans nombre, par lesquels les plus glorieux et les plus invincibles soldats de Notre Seigneur Jésus-Christ, affrontèrent, d’un cœur ferme, la mort pour son honneur, nous avons jugé convenable de commencer notre labeur par la Croix sainte et sacrée. — Et cela par la raison que ce fut sur elle que le Sauveur du Monde, brisant les liens de la Mort, fut victorieux de ce rusé serpent, le Diable, et obtint, par ses souffrances, une telle force d’âme pour ses serviteurs, qu’ils étaient prêts, le cœur en joie, à endurer les plus cruelles rigueurs, jusqu’à l’effusion de leur sang et l’ablation de leurs membres. Et c’est aussi à cause de cette force que les Confesseurs et les Prêcheurs de la Loi divine puisèrent dans la Croix et déployèrent dans les tortures, qu’il nous a paru convenable de placer la Croix en tête du présent livre. Mais, comme les poteaux plantés en terre étaient tous inclus par les Anciens sous le nom général de Croix, nous en devons traiter dans le même chapitre, aussi bien que des autres engins auxquels les corps des Saints Martyrs étaient suspendus, en punition de leur persistance dans la foi du Christ. Car, en vérité, soit qu’ils aient été cloués à la Croix, ou bien liés à des poteaux, on peut toujours dire qu’ils étaient suspendus.

    Mais, pour en revenir à la Croix, nous devons dire que non seulement les Juifs, mais aussi les Gentils, avaient l’habitude de clouer sur une Croix les criminels condamnés. Et cela est expressément constaté par divers de leurs propres auteurs, en premier lieu par Cicéron, en différents passages (spécialement dans « les Philippiques » et « De Finibus ») ainsi que par Valérius Maximus, par Tite Live, Curtius, Suetonius (Galba) et Sénèque (De Consolatione).

    Ce dernier passage montre qu’il y avait des Croix de plus d’une sorte, comme cela est clairement établi dans ce qui suit : « De ceci, je conclus que les Croix n’étaient pas que d’une sorte, mais faites différemment par les différents peuples. Il y en a qui pendent le criminel la tête en bas, d’autres lui traversent les entrailles par un pieu, d’autres encore lui étendent les bras sur un gibet en forme de fourche. » Maintenant, pour expliquer de quelle sorte étaient ces croix qui « traversent les entrailles avec un pieu », Sénèque l’explique d’autre part, car il appelle cette sorte de croix, dans son accusation contre le luxurieux Mécènes une croix en pointe aiguë. D’après cela, il est aisé de comprendre que, si certaines de ces Croix ressemblaient à ce que nous appelons aujourd’hui Croix, d’autres étaient semblables à ces pieux aiguisés que les Turcs, de nos jours, emploient pour exécuter les condamnés et avec lesquels ils traversent les victimes depuis le fondement jusqu’à la tête. Lisez aussi Procopius (Guerre des Vandales).
    Sur la première espèce de Croix, quelques-uns des suppliciés étaient crucifiés avec la tête tournée vers la terre, tandis que d’autres avaient la tête levée vers le Ciel (ainsi que Sénèque le déclare dans le passage ci-dessus cité, et ainsi qu’en rendent témoignage de nombreux Actes des Saints). Les martyrs chrétiens étaient crucifiés de chacune de ces deux manières par les adorateurs des idoles.

    Parmi ceux qui conquirent la Couronne du Martyr en étant crucifiés la tête en bas, fut le chef des apôtres lui-même, saint Pierre, sur lequel Origène écrit ceci : « Lorsque Pierre fut arrivé aux faubourgs de Rome, il fut cloué à la croix, la tête en bas (car il désira lui-même que cela fut ainsi). »
    Saint Augustin écrit également : « Ainsi tous deux (Pierre et Paul) se hâtent d’atteindre la palme du Martyr, et de conquérir, par ce moyen, la couronne. » Et, un peu plus loin : « Pierre, pour l’amour du Christ, est suspendu sur l’arbre, la tête en bas. Paul est tué par le sabre. L’apôtre, avec ses propres pieds, marcha à la rencontre du Christ, et, levant ses yeux en haut, laissa monter aux cieux son esprit béni. » Dans le même esprit (pour passer à d’autres pères) saint Chrysostome ; (Homélie sur le chef des Apôtres) : « Réjouis-toi, Pierre, à qui il a été donné de jouir du Christ sur l’arbre et qui eut le bonheur d’être crucifié comme le fut ton maître, cependant, non pas le corps droit comme le Seigneur Christ, mais la tête tournée vers la terre ainsi que quelqu’un voyageant de la terre au ciel. Bénis soient les clous qui percèrent ces membres sacrés ! » Ainsi parle Chrysostome. Au très saint apôtre du Christ, on peut adjoindre Saint Calliopus, qui mourut de la même mort pour avoir gardé sa foi en Christ et qui, bravement, triompha d’une façon signalée du monde et du Démon. Tout cela donc a été dit sur les Martyrs qui furent crucifiés, les pieds levés vers le ciel.

    Mais beaucoup de champions, dont la voix était comme un clairon pour proclamer la Loi chrétienne, moururent sur la Croix, les pieds tournés vers la terre (pour continuer à traiter notre sujet), par exemple : saint Philippe et saint André, apôtres ; Nestor, évêque ; Timon, diacre, et d’autres encore. D’ailleurs, outre ceux-la, le Martyrologe Romain nous parle de dix mille martyrs ainsi crucifiés, — et, en particulier, d’un certain Siméon, évêque, qui, à la date de son martyre, était dans sa cent vingtième année.

    Relativement aux premiers désignés, c’est-à-dire les dix mille qui furent dressés sur la croix (2 juin), nous lisons : « Sur le mont Ararat, passion de dix mille martyrs qui furent crucifiés. »
    Relativement à saint Siméon (2 avril) : « À Jérusalem, anniversaire de saint Siméon, évêque et martyr, qu’on dit avoir été fils de Cléophas, et parent du Sauveur selon la chair. Ordonné évêque de Jérusalem, immédiatement après Jacques, frère de Notre Seigneur, après avoir souffert, pendant la persécution de Trajan, maintes tortures, il mourut martyr ; tous ceux qui se trouvaient présents, et le juge lui-même, furent émerveillés de voir comment un vieillard de cent-vingt ans avait pu endurer le supplice de la Croix bravement et sans fléchir ». Le même évêque Siméon est remémoré de la même façon par Eusèbe (Histoire Ecclésiastique).

    MODE EMPLOYÉ PAR LES PAÏENS POUR CRUCIFIER LES CHRÉTIENS

    En premier lieu, les Ministres de Cruauté préparaient (comme l’attestent divers passages des Actes des Saints, cités plus haut, et en particulier ceux de saint Pionius) des maillets, des clous de fer, et une croix faite en bois, qu’ils posaient à terre ; quelquefois, y attachant des cordes pour lier les mains et les pieds de ceux qui devaient être crucifiés. Alors, couchant les saints martyrs, ou quelque criminel de leur propre religion, si méprisable, sur le bois, après leur avoir arraché leurs vêtements, ils les attachaient au moyen de quatre clous (nombre qui semble le plus probablement avoir été employé). Cela fait, ils élevaient la croix, avec les victimes, et, l’enfonçant dans un trou creusé à cet effet, les abandonnaient à l’amère agonie d’une mort lente, — les laissant pendus jusqu’à ce que leurs chairs fussent entièrement pourries, comme Valérius Maximus l’explique clairement dans divers passages.



    De cela, nous pouvons déduire que les Juifs, relativement aux corps des crucifiés qui étaient sur les croix, différaient des Gentils. Ces derniers, ainsi que nous venons de le remarquer, les laissaient pendre au gibet jusqu’à ce qu’ils fussent pourris ; mais les Juifs agissaient autrement et, conformément à la loi, comme il est déclaré dans le Deutéronome, ch. XVe, ils avaient coutume de les descendre le même jour et de les enterrer dans un endroit convenable.


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    Re: Traité des instruments de Martyre...

    Message par Admin le Lun 28 Mai - 9:31

    Nous dirons peu de chose, dans ce présent ouvrage, de l’autre sorte de croix, dont nous avons parlé au commencement du chapitre, sous l’autorité de Sénèque, comme étant munie d’un bâton pointu. Car, jusqu’à présent, nous avons été incapables de trouver, dans les histoires des anciens martyrs, aucune mention d’une semblable punition ayant été infligée. À vrai dire, cependant, nous préférions inclure sous ce titre la torture infligée à quelques-uns des plus glorieux athlètes du Christ, sous forme de bâtons pointus leur traversant l’intérieur du corps. Mais de cela, si Dieu nous le permet, nous traiterons dans le dernier chapitre de notre livre. Une autre punition, en partie semblable, est décrite par Théodoret (Histoire Ecclésiastique) de la façon suivante : « Mais quand il le tient (saint Benjamin) se moquant de cette torture, il commande encore qu’un autre roseau soit introduit cette fois, dans son membre génital, lequel roseau étant retiré, et enfoncé de nouveau, lui causait des tourments inexprimables. Ensuite, le sauvage tyran ordonne de lui introduire dans le fondement un gros bâton épais, et extrêmement rugueux en raison des branches qui en sortaient de toutes parts. » Aussi loin va Théodoret. D’ailleurs c’est un fait reconnu, que les Turcs empalèrent sur des pieux, Adrien, de l’ordre de saint Dominique, et vingt-six autres, ses compagnons ; et Procopius (Guerre des Vandales) parle du meme supplice. Mais assez sur cela.

    LES POTEAUX


    Les poteaux étaient grandement employés, et de maintes manières différentes, par les Païens, adorateurs du Démon, pour tourmenter les Chrétiens. Ils y attachaient les saints martyrs, — après leur avoir arraché leurs vêtements afin de les rendre aussi nus que possible, — soit au moyen de clous de fer, ou bien de cordes. Ils leur déchiraient alors la chair sans merci avec des griffes de fer, des pinces ou des étrilles. Ils les transperçaient de flèches, les battaient de verges, de bâtons, ou même les exposaient aux morsures des bêtes féroces. Ils leur arrachaient les dents, leur coupaient la langue, et les seins, lorsque c’étaient des femmes. En un mot, ils les torturaient de toutes les manières les plus horribles, après les avoir d’abord attachés à des pieux ou poteaux fixes en terre. Cela est confirmé par de nombreux Actes des Saints Martyrs, tels que ceux de Grégoire Thaumaturge ; Polycarpe Gaiana et Fébronia vierge, et une légion presque innombrable d’autres des deux sexes. La même chose est démontrée par des auteurs classiques tels que Ciceron (Philippiques), Valérius Maximus, Suétone (Claudius), etc. Il devrait être remarqué ici que les Martyrs qui étaient attachés à des poteaux par des clous de fer et torturés ainsi, étaient aussi quelquefois liés avec des cordes, probablement pour que leur tourment soit plus grand.

    DES PILIERS ET ARBRES EMPLOYÉS POUR LE MÊME OBJET
    ET DANS LE MÊME BUT


    Bien que les adorateurs du Démon, pour torturer les condamnés à mort, les aient souvent attachés a des poteaux ou à des croix, il est pourtant fréquemment rapporté comment nos Martyrs étaient attachés ou cloués à des arbres ou à des piliers, sur le commandement de leurs bourreaux, et, ainsi, étaient torturés.
    Les Actes de divers Martyrs, aussi bien qu’Eusèbe, rendent témoignage de piliers employés ainsi. Pour terminer, enfin, il y a le fameux pilier religieusement conservé à la basilique de Saint-Sébastien, en dehors des murs, et que l’on suppose, d’accord avec l’ancienne Tradition chrétienne, être le même auquel le dit saint Martyr, confessant sa foi au Christ, fut attaché et percé de flèches jusqu’à la mort.
    Les Actes de divers Martyrs, tels que ceux de sainte Zoë et de saint Paphnutius, font mention d’arbres semblables ainsi employés.

    DES DIFFÉRENTS MODES D’ÊTRE SUSPENDU À LA CROIX, ETC
    .

    Ayant suffisamment traité de la croix elle-même, et des pieux employés pour le crucifiement, il reste, dans la dernière partie de ce chapitre, à donner des informations sur les diverses manières d’y être suspendu ; c’est-à-dire de quelles façons les Martyrs bénis, et les champions du saint Évangile y étaient suspendus par les Païens. Car les moyens de suspension étaient à la fois variés et horriblement cruels, et nous trouvons que les Chrétiens devaient les subir, au caprice de leurs bourreaux. Nous apprenons comment quelques-uns d’entre eux étaient suspendus par un seul pied, ou mieux (comme l’explique Nicéphore dans son Histoire), par un pied élevé au niveau de la tête, un feu lent étant allumé au-dessous, de façon à les suffoquer par la fumée. D’autres étaient suspendus par les bras, par les deux ou par un seul, ou encore par les extrémités des pouces, et, à leurs pieds, étaient attachés des poids d’une extraordinaire pesanteur. D’autres encore, selon ce que nous trouvons rapporté, étaient suspendus à de hauts murs. Des pierres étaient attachées à leur cou ou à leurs pieds ; ils étaient liés de cordes ; on chargeait leurs épaules de lourds sacs de sel, et, afin qu’ils souffrissent davantage, des bâillons de bois étaient enfoncés dans leur bouche. Plus loin, il est dit comment certains étaient enduits de miel et attachés, dans cet état, à des poteaux exposés a un soleil brûlant, de sorte qu’ils étaient torturés par les piqûres des mouches et des abeilles. Il est dit aussi que d’autres étaient pendus à des crampons de fer ou à des nœuds coulants (ainsi que sont pendus, de nos jours, les voleurs et les meurtriers condamnés à mort). Enfin, ils étaient attachés à des piliers, étant face a face, et les pieds ne touchant pas le sol, ou encore, pendus par les cheveux, ce qui était employé souvent pour torturer les femmes qui demeuraient constantes dans la foi du Christ.


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    Re: Traité des instruments de Martyre...

    Message par Admin le Dim 8 Juil - 11:50

    De toutes ces diverses manières, les Actes des saints Martyrs font fréquemment mention. Particulièrement, pour la première manière, les Actes de saint Grégoire, évêque d’Arménie.
    Les femmes chrétiennes, aussi, étaient souvent suspendues par un pied pendant tout le jour (comme rend témoignage Eusèbe, dans son Histoire ecclésiastique), et cela d’une telle façon que même leurs parties intimes étaient dévoilées, afin que soit montré, pour la sainte religion du Christ, le plus grand mépris possible.


    Fig. II
    A. — Martyr suspendu par les deux pieds, avec une grosse pierre attachée au cou.
    B. — Quelquefois les Saints Martyrs, après avoir été enduits de miel, étaient liés à des poteaux fixés en terre, et ainsi exposés aux rayons du soleil pour être torturés par les piqûres d’abeilles et de mouches.
    C. — Martyr suspendu par un pied ; l’une des jambes est pliée au genou et est maintenue au moyen d’un cercle en fer, l’autre étant chargée d’une lourde masse de fer.


    Ainsi, pour ce qui concerne les moyens par lesquels les Martyrs étaient torturés par la suspension, l’on peut dire qu’ils étaient nombreux et divers. Quelquefois, les Martyrs étaient simplement suspendus par un pied, tandis que, pour d’autres, l’on ajoutait la fumée d’un combustible humide avec des mauvaises odeurs, comme celles des excréments d’animaux, pour accroître leurs souffrances, et, en couronnement du tout, une douzaine de bourreaux frappaient en même temps la victime à l’aide de cordes. En d’autres occasions, ils étaient suspendus par un pied, la jambe étant repliée au genou, et une bande de fer fixée autour de cette jointure. Alors un poids de fer était attaché à l’autre pied, de telle sorte que les malheureuses victimes se trouvaient écartelées misérablement. C’est ainsi que dans les Actes de saint Samona, nous trouvons écrit ceci : « Mais le magistrat ordonne immédiatement que Samona ait une jambe repliée au genou, et une bande de fer fixée autour de la jointure. Cela fait, il le pend la tête en bas, par le pied de la jambe repliée, tirant en même temps l’autre jambe vers le bas, au moyen d’un poids de fer ».

    Parmi les Martyrs qui souffrirent par le premier de ces modes de tourments, nous lisons les noms des plus nobles soldats du Christ, mentionnés un peu plus haut : saint Grégoire d’Arménie et saint Samona.
    Quant à la seconde manière, par laquelle les victimes étaient pendues par les deux pieds, divers Actes des Saints en parlent, par exemple, ceux de saint Venantius, des vierges saintes, Euphémie et ses sœurs, de l’évêque Acepsima et ses compagnons. Aussi les Martyrs cappadociens, dont toute une légion est solennellement célébrée dans le Martyrologe Romain, 23 mai, où il est écrit : « À Cappadoce, commémoration des saints Martyrs, qui, dans la persécution de Maximin, eurent leurs membres brisés et furent mis à mort ; — de même pour ceux qui, à la même date, en Mésopotamie, furent pendus, les pieds en haut et la tête en bas, étouffés par la fumée et consumés au-dessus d’un feu lent, — et ainsi accomplirent leur martyre. »
    Et, véritablement, ce n’était pas d’une seule manière, mais de façons nombreuses et variées que les serviteurs du Démon (comme on peut le voir dans les Actes désignés ci-dessus) pendaient et tourmentaient les Martyrs. Ceux-ci, quelquefois, étaient asphyxiés par la fumée, quelquefois leur tête était broyée à coups de marteau, ou bien de grosses pierres étaient pendues à leur cou, ou bien encore ils étaient cruellement brûlés par des torches enflammées.

    On sait que nombre de chrétiens, par la première de ces manières, ont souffert dans la Mésopotamie. Par la seconde furent torturées Euphémie, Thécla, Érasme et Dorothée, les plus nobles vierges et martyres du Christ. Par la troisième les saints Théopompe, Mercurius et le déjà mentionné Venantius.

    DU TROISIÈME MODE DE SUSPENSION, C’EST-À-DIRE LES MARTYRS PENDUS PAR UN BRAS


    Ce troisième mode de suspension, à savoir, comme nous le disons, d’être pendu par un bras, est mentionné dans un grand nombre d’Actes des saints Martyrs, parmi lesquels nous pouvons désigner celui de saint Samona, déjà cité, ainsi que ceux de saint Antoine, ce martyr au noble cœur, relativement auquel nous trouvons rapporté dans le Martyrologe Romain, le 4 mai : « À Nicodémie, anniversaire de saint Antoine, martyr, qui, après avoir été sauvagement mis à la roue et torturé de diverses tortures, fut suspendu pendant trois jours par un bras, et gardé prisonnier pendant deux ans dans une tour ; puis finalement, par le gouverneur Priscillianus, brûlé au poteau, en confessant le seigneur Jésus. » Ainsi dit le Martyrologe Romain.

    En premier lieu, nous devrions noter que, quelquefois, les exécuteurs des martyrs pendus avaient l’habitude, afin d’écarteler les diverses jointures de leur corps, d’attacher à leurs pieds des pierres d’un grand poids. De cela, un noble et indubitable témoignage nous est donné par les histoires de divers saints, spécialement celle de saint Samona, déjà mentionné dans une autre partie du présent chapitre.


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    Re: Traité des instruments de Martyre...

    Message par Admin le Jeu 27 Juin - 16:31

    POIDS PAR LESQUELS FURENT TORTURÉS LES ATHLÈTES
    DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

    Nous lisons et relisons, dans les Histoires des Martyrs, comment, après avoir été pendus, ils étaient, au milieu d’autres tourments, chargés de poids, dont quelques-uns étaient, comme nous le décrivons plus haut, de fer ou de bronze, et d’autres de pierre. Pour ces derniers, nous avons cette preuve qu’il y en a qui ont été conservés jusqu’à nos jours, ici, à Rome, dans les Églises des Saints Apôtres, et aussi dans celles de saint Apollinaire et d’Anastase, non loin de la cité. Il y avait des pierres d’un grand poids, de couleur noire, de forme ronde ou ovale, avec un anneau de fer incrusté dans la pierre, où l’on passait une corde pour lier et pendre aux pieds ou aux mains des martyrs suspendus.

    Une autre chose que nous ne voudrions pas voir ignorer par le lecteur, est que certaines autorités ont propagé l’opinion que ces dites masses de pierres, appelées par Joseph (Macchabées) orbiculaires, ou Pierres Rondes, n’étaient pas désignées spécialement comme employées pour torturer, mais bien pour servir de poids. Cela, pourtant, ne peut possiblement pas être, ainsi qu’il est prouvé dans les notes ajoutées au Martyrologe Romain, car les pierres pour peser avaient toujours (comme le remarquent Isidore et Alciatus en parlant des poids) le chiffre de leur pesanteur inscrit dessus. Chose que n’ont pas celles qui sont ici.
    Ces charges de pierres étaient entièrement différentes (comme on le trouve mentionné dans les notes déjà citées du Martyrologe Romain), de celles auxquelles étaient condamnés les détenus pour dettes dans la loi XII des Tables. Ces dernières n’étant rien autre que des entraves. Aulu-Gelle en parle, disant : « Liez-le, soit avec des courroies, soit avec des entraves ne pesant pas moins de quinze livres, ou, si un plus grand poids est nécessaire, prenez des entraves plus pesantes encore. »

    DU QUATRIÈME MOYEN DE SUSPENSION, C’EST-À-DIRE D’ÊTRE
    PENDU PAR LES DEUX BRAS

    Cette quatrième méthode de suspension est mentionnée dans les Actes des saints Procopius, Andochius, Thyrsus, Félix et d’autres, leurs compagnons.

    Ici, vous devez savoir que la coutume des païens, selon l’occasion, était celle-ci : soit d’attacher de lourds poids aux pieds de ceux qui supportaient ce genre de suspension, on bien, après leur avoir croisé les bras derrière le dos, de les élever en l’air en les tirant, et ensuite de les laisser retomber. Ainsi, dans le
    Martyrologe Romain, le 24 septembre, nous lisons sur les saints confesseurs du Christ, saint Andochius et ses compagnons : « À Augusto-dunum (Autun) l’anniversaire des saints martyrs Andochius, prêtre, Thyrsus, diacre, et Félix, qui étant envoyés d’Orient par le saint Polycarpe, évêque de Smyrne, pour enseigner le christianisme à la Gaule, furent en ce pays cruellement flagellés


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    Re: Traité des instruments de Martyre...

    Message par Admin le Jeu 27 Juin - 16:33


    Fig III




    A. — Martyr suspendu par les pouces, de lourdes pierres étant attachées à ses pieds.B. — Chrétiens pendus, un feu lent étant allumé au-dessous d’eux, afin de les suffoquer ; les victimes étaient en même temps frappées avec des bâtons.

    et suspendus tout le jour les mains liées derrière le dos, ensuite jetés dans le feu, mais non complètement brûlés. Finalement, leurs cous sont frappés avec de lourdes barres et ils gagnent ainsi la couronne du martyre. »

    DU CINQUIÈME MODE DE SUSPENSION, SAVOIR : PENDUS
    PAR LES POUCES

    On trouve la description de cette cinquième manière dans les Actes des saints Jacob et Marianus, où se trouve consignée la narration suivante, concernant Marianus, serviteur du Christ : « Mais il condamna Marianus à la torture, parce que celui-ci se dit un simple religieux, ce qu’il était en effet. Et quels tourments furent les siens ! Combien nouveaux et étranges, et inspirés par le génie empoisonné du démon ! Combien astucieusement combinés pour briser la force de l’âme ! Marianus fut pendu pour être torturé, et de quelle grâce ce martyr ne se montra-t-il pas soutenu, même au milieu de ses souffrances, et des tourments de son supplice qui exaltaient son courage ! Or, la corde qui le tenait suspendu fut attachée, non pas à ses mains, mais à l’extrémité de ses pouces, de sorte que se multipliât, par la faiblesse de ces parties de son corps, supportant le poids de tout le reste, l’agonie qu’il endurait. De plus, des poids extraordinairement pesants furent attachés à ses pieds, de sorte que toute la charpente du corps suspendu fut déchirée de part en part d’atroces douleurs, avec des convulsions d’agonisant qui faisaient tressaillir l’intérieur. » Aussi loin s’expliquent les Actes, et ainsi se trouve clairement démontrée l’évidence de ce que nous avons exposé, concernant le cinquième mode de ce supplice.

    DU SIXIÈME MODE, SAVOIR : ÊTRE SUSPENDU, AVEC DES POIDS
    ATTACHÉS AUTOUR DU COU ET AUX PIEDS

    De ce mode, l’Histoire du très saint martyr saint Sevarianus rend témoignage, car il est écrit : « En conséquence le préfet, prenant le silence de Severianus pour du mépris, ce qu’il était en effet, lui infligea un châtiment plus terrible encore ; et, après l’avoir fait retirer de la roue, le fit conduire à un mur. Alors, après lui avoir fait attacher deux énormes et très lourdes pierres, l’une au cou et l’autre aux pieds, et l’avoir attaché par le milieu du corps avec une corde, il le laisse suspendu au mur, dans les airs, afin que ses membres soient tirés séparément et qu’il périsse de cette manière violente. » Ainsi disent les Actes, mais c’en est assez, et plus qu’assez sur cette dernière forme de cruauté.


    DU SEPTIÈME MODE, SAVOIR : QUAND LES CORPS DES SUPPLICIÉS SONT SUSPENDUS PAR DES CORDES, LEURS ÉPAULES SONT CHARGÉES EN MÊME TEMPS DE LOURDS FARDEAUX DE SEL, OU D’AUTRES CHOSES SEMBLABLES.

    Ce septième mode est mentionné dans les Actes de saint Grégoire d’Arménie, où nous lisons : « Lorsque saint Grégoire eut fini de parler sur ces matières, Tyridates fut rempli de colère au-delà de toute mesure, et s’élança contre lui avec fureur. En conséquence, le très noble héros fut instantanément lié. Alors, après lui avoir introduit dans la bouche un bâillon en bois, distendant autant qu’il est possible les mâchoires, ils chargèrent ses épaules de fardeaux du sel que l’on extrait en Arménie. Ensuite, liant son corps sacré avec des cordes, ils élevèrent le saint et le suspendirent, prolongeant cet amer tourment pendant sept jours entiers. » Aussi loin vont les Actes de saint Grégoire, qui (si la vérité doit être dite) montrent d’une manière claire et manifeste la nature et l’horreur de ce mode de suspension.



    DU HUITIÈME MODE, SAVOIR : CELUI DE SUSPENDRE LES VICTIMES À DES POTEAUX FIXÉS EN TERRE APRÈS LES AVOIR ENDUITES DE MIEL, AFIN QU’ELLES SOIENT TORTURÉES PAR LES PIQÛRES DES MOUCHES ET DES ABEILLES.

    Il est parlé de cette forme de torture dans les Histoires de saint Maurice et de ses compagnons, et de saint Marc d’Arethusa.

    On peut trouver mémoire de six méthodes, dans les Histoires de Martyrs, où il est dit que les chrétiens étaient exposés aux rayons du soleil, en vue d’être suppliciés ainsi. Quelquefois, ils étaient simplement liés à des poteaux, comme il fut fait pour saint Maurice et ses compagnons. Quelquefois, ils étaient exposés dans des paniers élevés, faits de joncs, comme on peut le voir rapporté de saint Marc d’Arethusa, nommé un peu plus haut. Enfin, (comme saint Jérôme en rend témoignage dans son Histoire de Paul, le premier ermite), ils étaient quelquefois couchés sur le sol les mains liées derrière le dos.
    Cœlius Rhodiginus déclare qu’il existait parmi les anciens une forme de supplice connue sous le nom de « Cyphonismus » ainsi nommee du mot Cyphon (ϗυφω) lequel mot Cyphon est nommé aussi dans la pièce Plutusd’Aristophane », écrit Rhodiginus, parce que c’était une sorte d’entrave en bois ou, comme de nos jours, en fer, communément nommée pilori. » À laquelle entrave le prisonnier était attaché en manière d’ignominie, et tenu captif, enduit de miel et exposé aux piqûres des mouches. « De là, il arriva », ajoute le même auteur « que ce nom de « Cyphon » fut donné aux chenapans, et le supplice fut appelé « Cyphonismus. » Et ensuite, un peu plus loin : « Je remarque que certains peuples se font une règle d’employer le procédé suivant : tout homme qui aura insolemment méprisé les ordres de la loi, sera retenu aux fers sur la place publique d’exécution pendant vingt jours, nu et enduit de miel et de lait, pour servir de pâture aux mouches et aux abeilles. Et, quand celles-ci auront accompli leur œuvre, il sera revêtu d’habits de femme et précipité du haut en bas des rochers. »
    Les Perses infligeaient un châtiment à peu près semblable pour les criminels condamnés à mort, qu’ils appelaient eux-memes Scaphismus. Plutarque (Arlaxercès) en parle en ces termes : « En conséquence, il ordonna que Mithridate fût mis a mort par le châtiment des bateaux. » La nature de cette sorte de supplice est la suivante : « deux bateaux étant construits, avec la même grandeur et la même forme, on couche dans l’un l’homme condamné à la torture, et on renverse l’autre bateau par-dessus lui, les joignant tous deux de façon à ce que les mains et les pieds du condamné restent en dehors, tandis que tout le reste du corps, sauf la tête, est emprisonné. On donne de la nourriture à l’homme en le faisant manger de force par des pointes aiguës qu’on lui place devant les yeux. Et, tandis qu’il mange, on lui verse dans la bouche comme boisson, un mélange de miel et de lait, et on lui enduit le visage avec le même mélange. Ensuite, orientant le bateau comme il est nécessaire, on a soin que l’homme ait constamment les yeux en face du soleil, et sa tête et son visage sont chaque jour couverts d’une légion de mouches qui viennent s’y établir. De plus, comme il fait à l’intérieur des bateaux fermés, ces sortes de choses que les hommes sont obligés de faire par la nécessité, après avoir mangé et bu, la corruption et la pourriture qui en résultent donnent naissance à une multitude de vers, qui


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