Forum d'évangélisation placé sous la protection spéciale de Saint Michel Archange


    L'infaillibilité et le Crédit que l'on peut accorder à la hiérarchie

    Partagez
    avatar
    CatholiquedeFrance

    Messages : 278
    Date d'inscription : 14/02/2012
    Age : 64
    Localisation : Nord de la France

    L'infaillibilité et le Crédit que l'on peut accorder à la hiérarchie

    Message par CatholiquedeFrance le Mer 29 Aoû - 15:27


    Bonjour et paix à tous ! Beaucoup d'entre nous sont "désorientés", à propos de l'"Infaillibilité", du "Magistère" "authentique", "ordinaire" ou "extra-ordinaire"; on peut le constater bien tristement sur des sites comme "Gloria.tv", où s'étalent l'aplomb et l'insolence de prétendus théologiens, de défroqués ou de séminaristes ratés, d'imposteurs, de charlatans ou de personnages ayant systématiquement réponse à tout alors que leur savoir est proche du néant, pour ne rien dire de leur autorité. Ces individus, par leurs tours de bonneteau plus ou moins grossiers, abusent de la crédulité du passant éberlué. J'espère que ces extraits d'un libre article publié en 1973 par monsieur l'abbé de Nantes (1924-2010) sera utile à beaucoup, ne serait-ce que pour leur donner l'envie de creuser cette question obscurcie à dessein par les malhonnêtes. Par souci de loyauté, je me dois d'ajouter que monsieur l'abbé de Nantes, que j'ai bien connu personnellement (il a même été l'homme que j'ai le plus admiré dans ma vie...) a accusé ("accusé" et non... "jugé") publiquement les Papes Paul VI et Jean-Paul II d'"hérésie, schisme et scandale". Ce combat pour l'Eglise lui a valu d'être frappé très tôt de "suspens a divinis", sans la moindre réponse, début d'explication ou justification (le procès qu'il réclamait n'a jamais eu lieu et tout a été fait pour étouffer ses "Liber Accusationis", pourtant remis en mains propres à l'Autorité). Il a, par ailleurs, été victime de calomnies atroces dont j'ai été le témoin effaré assez proche. La fin de sa vie et sa mort ont été celles d'un saint. Il faut bien savoir que certains individus ne reculent devant RIEN.

    Voici : Pierre et ses successeurs au service de l'Eglise

    L'Eglise est, dans son mystère essentiel, l'Epouse du Christ, son Corps social. A ce titre, rien n'est plus cher au Sauveur que son Etablissement inébranlable, sa conservation, sa sécurité, sa croissance, son unité et sa paix. Pour cela, le Christ lui a donné son Corps et son Sang, mais aussi, pour vivifier ces dons sacramentels, le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est ainsi, par "Mission" divine, l'Ame de l'Eglise : c'est Lui qui, étant Dieu, unifie, organise, développe ce corps social et le maintient dans l'Unité, la Sainteté, la Catholicité et l'Apostolicité qui sont ses perfections propres, miraculeuses. Nouvelle précision de la théologie catholique sur cette institution divine : l'instrument de l'Esprit-Saint, pour cette oeuvre en pleine pâte humaine, c'est la Hiérarchie. Elle jouit à un titre spécial, dans des conditions très précises, selon sa fonction, de la force de l'Esprit-Saint pour rendre l'Eglise parfaite. C'est ainsi que l'Eglise est infaillible, sainte, bien ordonnée.

    L'EGLISE EST INFAILLIBLE, en sa totalité d'Eglise, enseignante et enseignée, Ecclesia docens et Ecclesia credens, dans le magnifique accord et l'unanimité, au sens étymologique du mot, de ceux qui ont pour fonction de prêcher et de ceux qui ont pour vertu de croire. Leur Foi est "une", dans une pleine communion de certitude et de perfection achevée. Cela se savait bien, avant Vatican II ! L'Eglise est sainte, malgré ses membres pécheurs, parce qu'Elle reçoit la grâce du Christ que ses prêtres versent infailliblement et toujours dans les âmes par les sacrements. Ces rites, et surtout ceux du Baptême et du Saint-Sacrifice de la Messe, sont assurément efficaces pour conférer la vie de Dieu. Ainsi le peuple des fidèles reçoit-il la Sainteté, inépuisablement, à la seule mesure de ses bonnes dispositions. Mais le don de l'Eglise est, de lui-même, parfaitement saint et sanctifiant. (...)

    L'Eglise est donc cette Société visible, historique, hiérarchique, dont le Christ est le Fondateur et demeure la Tête, dont l'Esprit est l'Ame vivifiante et sanctifiante. Elle est parfaite. Elle transcende par sa Vérité, sa Sainteté, son Ordre, les éléments humains qui La composent. La considération de ce miracle historique conduit à la Foi en son mystère surnaturel : si Elle apparait irréductible à toute explication naturelle, spiritualiste aussi bien que matérialiste, c'est parce que sa Hiérarchie est douée de pouvoirs divins, dans la symbiose unique d'une Personne divine avec une communauté humaine. Cette merveille a été instituée par le Christ, elle s'est conservée, elle nous sollicite de la continuer aujourd'hui.

    LES APOTRES, FONDATEURS DE L'EGLISE

    La fondation de l'Eglise sur les plans arrêtés par le Christ a été confiée aux Apôtres pour être mise en oeuvre au jour de la Pentecôte. Elle requérait évidemment des dons spéciaux, vraiment singuliers et extra-ordinaires, de l'Esprit-Saint à la génération des bâtisseurs. (...) Ils étaient gratifiés de la Révélation divine dont ils reçurent une connaissance "prophétique" totale, la pénétrant plus parfaitement que personne ne le pourra jamais ici-bas, et pour l'enseignement de laquelle ils jouissaient du charisme de l'"inspiration", dans leurs Paroles comme dans leurs Ecrits, toujours et absolument infaillibles. Ils avaient le Pouvoir d'instituer les Sacrements annoncés par le Christ, de leur donner à jamais leur forme rituelle, de composer des prières et de tout régler dans la vie de l'Eglise selon les enseignements du Seigneur. Ce n'était pas encore suffisant. Ils avaient aussi le Pouvoir de faire des miracles - ce n'est pas donné à tout le monde ! - et ils furent confirmés en grâce, c'est-à-dire saints, fixés dans la perfection de leur Vocation, et cela non plus n'est pas donné à tous ! Ainsi munis de Pouvoirs si extraordinaires et si complets, ils étaient de puissants et parfaits Instruments de Dieu pour la Fondation de l'Eglise. (...)

    LES POUVOIRS DES SUCCESSEURS DES APOTRES

    L'Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, possède en tant que tel l'Autorité suprême dans l'Eglise; les Evêques, comme successeurs des autres Apôtres, ont une autorité subordonnée à la sienne. Ni lui ni eux n'ont cependant hérité des Pouvoirs nécessaires à la fondation de l'Eglise; la chose est faite, une fois pour toutes. Leur Mission est de conserver l'Eglise, c'est déjà  lourd, et ils ont hérité pour cela de Pouvoirs ordinaires, transmissibles, considérables.

    Or voici une distinction capitale : certains de ces pouvoirs sont infaillibles, les autres ne le sont pas; ils sont donc... faillibles. Pour que l'Eglise ait une base certaine, une continuité et une perpétuelle unité dans la fidélité au Seigneur Jésus-Christ, il fallait que les actes essentiels des Pasteurs de l'Eglise soient nécessairement et indubitablement efficaces, suivis de leurs Effets divins. Ces actes relèvent de Pouvoirs infaillibles, assistés inconditionnellement par l'Esprit-Saint. Les autres présentent une grande contingence et dépendent aussi bien de la fragilité de l'homme que de l'Assistance de l'Esprit de Dieu; ils émanent de Pouvoirs moindres, où doit s'opérer un discernement.

    - Le Magistère ordinaire : la caractéristique de cet enseignement autorisé, qu'on appelle magistère commun ou ordinaire, est d'être en tout l'écho de la tradition unanime de l'Eglise. Quand le Pape, ou quelque Evêque, ou quelque curé même, enseigne ce que l'Eglise a toujours et universellement tenu pour certain, il dit vrai nécessairement et infailliblement. En ce sens, il serait à peine exagéré de dire que nous sommes tous infaillibles... Les uns, en écoutant et croyant la doctrine constante de l'Eglise, les autres en l'enseignant et en l'expliquant sans y rien mêler de nouveau ou de particulier, tous communient dans la Certitude de l'Eglise. En revanche, s'il advient que le Pape ou les Evêques, même dans leur enseignement "authentique", enseignement donné par eux en vertu de leur fonction, avec l'autorité de leur rang, en viennent à proférer quelque nouveauté ou quelque opinion discutée, pareille doctrine ne peut être considérée comme relevant du Magistère ordinaire. Elle ne présente alors aucune garantie d'infaillibilité. Et c'est la grande infirmité de ce magistère ordinaire de n'être pas séparé par une frontière nette et incontestable du royaume des opinions humaines.

    - Le Magistère extra-ordinaire ou solennel : de lui-même, il est strictement et pleinement infaillible. C'est une nécessité pour l'Eglise. S'il advient que sur tel point de doctrine la tradition ne soit pas claire ni unanime, si une croyance commune est soudain contestée ou même rejetée par certains, alors ceux qui ont tout pouvoir pour conserver et défendre le dépôt de la Révélation seront amenés à dirimer le conflit, à trancher la question définitivement par une Proclamation en forme indiscutable de la Vérité. L'Assistance du Saint-Esprit leur est promise pour de telles décisions. C'est l'infaillibilité du Pape et du Concile dite solennelle, ou encore "ex cathedra". Un tel Charisme est stupéfiant; il fait de l'homme comme un Dieu, sûr d'être dans le Vrai absolu ! C'est bien pourtant une Vérité de notre Foi, vécue depuis toujours et proclamée par le Concile de Vatican I (1870), désormais irréformable. Il était nécessaire qu'il en soit ainsi. Ce recours à une infaillibilité de principe, signalée par la forme même de l'Acte déclarant la Foi, est l'ultime solution aux crises doctrinales que traverse l'Eglise parce qu'il n'y a, dans de telles circonstances, d'autre solution que de croire sans plus rien examiner ni discuter, du seul fait qu'il est sûr que "Rome a parlé", que le Pape a parlé "ex cathedra", que le Concile a promulgué une "constitution dogmatique" accompagnée d'anathèmes. Alors, à coup sûr, c'est la Vérité. Depuis 1870, il est sûr et certain que l'appel au jugement du Souverain Pontife, ou du Concile est l'ultime recours, institué par le Christ, et qu'il n'y en a point d'autres.

    - L'enseignement faillible de l'homme privé : reste que les personnes constituées en dignité, gardent la liberté marginale d'enseigner sous leur responsabilité personnelle, comme "théologiens privés", des théories et opinions qui leur sont propres et ne valent que par leur force démonstrative intrinsèque. Mais un tel enseignement n'est pas garanti par leur Magistère et il n'est pas bon qu'il se confonde en apparence avec celui-ci. Si le Pape, l'Evêque, le Concile, ont la loyauté de dire qu'ils parlent en tant que chercheurs, à titre individuel, tout sera clair. Encore vaudrait-il mieux qu'ils s'en abstiennent entièrement. Mais si quelque prétention à imposer leur doctrine les fait couvrir celle-ci de toutes les marques extérieures d'un enseignement authentique, tendant à en faire un acte de magistère ordinaire ecclésiastique, le désordre sera grand. Ce qui vient des hommes paraîtra venir de Dieu. Les fidèles, dans leur confiance naïve, croiront avoir affaire au Magistère infaillible alors qu'ils n'auront là qu'une libre opinion de personnes privées, faillibles autant que les autres. L'infaillibilité attribuée inconsidérément à tout acte du Magistère peut devenir une arme terrible aux mains des pervers. Il suffirait alors au diable pour dominer toute l'Eglise et y imposer les pires erreurs, d'arriver à placer aux plus hauts sommets de la Hiérarchie des êtres perdus tout gagnés à sa cause. C'est le plan, cent fois exprimé, de la Franc-Maçonnerie. Il faut savoir qu'une telle inversion de l'ordre établi par le Christ pour le salut de tous peut se rencontrer parfois dans l'Eglise, pour la ruine et la perdition de la multitude égarée par ses Pasteurs. (...)

    HOMMES FAILLIBLES, REVETUS D'INFAILLIBILITE

    II y a donc, dans la mission divine de la Hiérarchie, des points faibles, pire, de grands espaces faillibles. S'il n'y en avait pas, les hommes d'Eglise seraient de vrais dieux ! Il faut donc distinguer des degrés dans l'exercice des pouvoirs hiérarchiques. En certains domaines, à certaines conditions précises, l'infaillibilité du Magistère est sûre et entière : c'est pour ainsi dire Dieu même qui parle par le Pape, par le Concile. En d'autres domaines, ou faute de certaines conditions, la défectibilité humaine l'emporte sur l'assistance divine. Même alors, il serait bon et prudent de croire et d'obéir à ceux que l'Esprit-Saint assiste pour qu'ils n'errent pas et procurent le bien des âmes. Cependant, une certaine possibilité subsiste pour les Pasteurs de trahir leurs fonctions et de se tromper eux-mêmes par ignorance, ou de nous tromper et de nous égarer par malice. Pourquoi le taire ? Du temps où les Evêques et les Papes se rappelaient leur fragilité et se savaient en eux-mêmes faillibles, mais infaillibles par leur soumission à l'Eglise et à l'Esprit-Saint, il était bien convenu que leur autorité se devait d'abord d'être coutumière. Parler comme il s'est toujours dit, agir comme il s'était toujours fait prémunissait contre l'erreur et donnait d'autant plus le droit d'être obéi. Au contraire, inventer un langage nouveau, renverser les usages pour en créer d'autres arbitrairement, sont des choses périlleuses et méritent bien la suspicion dont le peuple chrétien les entoure. En cela, il y a toute chance que ce soit l'homme qui agisse, avec plus ou moins de raison et de bonheur, plutôt que Dieu. Le fondement sacré de l'Autorité catholique et la règle de l'infaillibilité, c'est la Tradition. Ce qui lui est étranger demeure suspect, ce qui lui est contraire est faux.

    (Abbé Georges de Nantes. Extraits de la CRC n° 69, juin 1973).

    Que le Sacré-Coeur de Jésus et sa Très Saint Mère, Notre Dame de Fatima au Coeur Immaculé vous bénissent tous et vous gardent dans leur Amour et leur Vérité !
    avatar
    Odabyss

    Messages : 147
    Date d'inscription : 26/11/2011
    Localisation : France

    Re: L'infaillibilité et le Crédit que l'on peut accorder à la hiérarchie

    Message par Odabyss le Mer 29 Aoû - 17:50

    Merci et très heureux de vous savoir près de nous Cher CatholiquedeFrance.





    avatar
    Admin
    Admin

    Messages : 1170
    Date d'inscription : 19/11/2011

    Re: L'infaillibilité et le Crédit que l'on peut accorder à la hiérarchie

    Message par Admin le Mer 29 Aoû - 18:11


    Quelle que fut la situation canonique de l'abbé G. de Nantes et ce jusqu'au moment de sa mort, il apparaît évident qu'il n'a fait qu'obéir à ce que lui dictait sa conscience, en utilisant les voies de droit canonique prévues à cet effet. Il n'a jamais été excommunié ni aucun de ses fidèles et n'a jamais provoqué de schisme.

    Ce texte me paraît parfaitement catholique de par son contenu, bien qu'il ne m'appartienne pas d'en juger. L'abbé de Nantes explique et argumente sur le fond d'un problème qui se répand dans l'église et provoque de terribles divisions (entretenues, voire exacerbées par un certain prétendu théologien), précisément parce que l'on oublie d'enseigner les divers degrés d'autorité magistérielles, qu'il s'agisse de synodes, de textes d'un concile ou d'un enseignement.

    Ceux qui font du moindre éternuement du Saint Père, un acte du magistère infaillible, ne se rendent pas compte qu'ils le font Dieu ! Même le pape est faillible, pécheur et pour cela, doit se confesser.


    _________________
    "L'Église ne se défend pas, ni ne s'adapte, mais sanctifie" - St Pie X
    avatar
    CatholiquedeFrance

    Messages : 278
    Date d'inscription : 14/02/2012
    Age : 64
    Localisation : Nord de la France

    Re: L'infaillibilité et le Crédit que l'on peut accorder à la hiérarchie

    Message par CatholiquedeFrance le Mer 29 Aoû - 18:24

    Merci de votre gentillesse et bonne soirée à tous !

    Contenu sponsorisé

    Re: L'infaillibilité et le Crédit que l'on peut accorder à la hiérarchie

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Dim 25 Juin - 5:06