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    Qui est le plus grand ?

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    Qui est le plus grand ?

    Message par Admin le Dim 23 Sep - 13:07


    Aujourd'hui le Seigneur invite à nouveau chacun d'entre nous à se faire "petit enfant", ce qui ne signifie pas que nous devions régresser dans notre croissance spirituelle ou ignorer les inspirations de l'Esprit Saint, mais au contraire que nous devons renoncer à l'orgueil qui anime les sages et les intelligents (Luc: 10.21) intelligence toute intellectuelle à laquelle Dieu se dérobe. Ainsi Dieu se dérobe t-Il à ceux qui se croient "sages et intelligents" tout en vidant de sa substance la foi de l'Eglise, lui substituant insidieusement une théologie de cigale susceptible de pallier à la perte progressive de la foi et répondre ainsi aux attentes sensibles du monde et ses besoins égoïstes de plaisirs immédiats, besoins créés de toutes pièces par son "Prince" en titre, Satan. ...

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    CatholiquedeFrance

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    Re: Qui est le plus grand ?

    Message par CatholiquedeFrance le Dim 23 Sep - 15:06

    Contre le culte de l’homme,
    “l’évangile” de sainte Thérèse



    « Ils vinrent à Capharnaüm; et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : " De quoi discutiez-vous en chemin ? " Eux se taisaient, car en chemin ils avaient discuté entre eux qui était le plus grand. Alors, s'étant assis, il appela les Douze et leur dit : " Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. " Puis, prenant un petit enfant, il le plaça au milieu d'eux et, l'ayant embrassé, il leur dit : " Quiconque accueille un des petits enfants tels que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille ; et quiconque m'accueille, ce n'est pas moi qu'il accueille, mais Celui qui m'a envoyé. " » (Mc 9, 33-37)
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Sainte Thérèse est un univers à soi tout seul, tellement aimable. Cependant malgré ce charme qui attire toujours les foules, ce que l'on comprend le moins de son message, c’est la voie d’enfance spirituelle. Sainte Thérèse l’appelait aussi sa “petite voie” ; elle est en soi paradoxale.

    Il faut véritablement pénétrer le mystère de sa vie, la grandeur absolument étonnante, presque incomparable de sa sainteté et du message qu'elle devait apporter à l'Église au XXe siècle, pour savoir adapter cette doctrine de la “petite voie” et en surmonter le paradoxe.

    Cette “petite voie” est pour les simples, pour les gens qui ne savent rien, qui ne peuvent rien, qui ne valent rien. Ces gens de rien du tout sont donc appelés par notre sainte à prendre “l'ascenseur” pour se rendre aussitôt jusqu’au sommet de la sainteté. Thérèse l’avait fait, et puisqu’à l’en croire, elle n'était rien du tout, tous pouvaient donc la suivre dans cette “petite voie”...

    « Rien du tout », sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face ? Laissez-moi rire, sourire... Elle est la plus grande sainte des temps modernes, selon ce qu'a dit Saint Pie X.

    Si c'est si facile de prendre “l'ascenseur” pour grimper jusqu’à la plus haute sainteté et se rendre auprès de Dieu, on se demande pourquoi la foule ne le prend pas. Pourquoi les gens continuent-ils, au prix de grands efforts et à longueur de vie, de grimper par les escaliers pour essayer de se rapprocher de Dieu ?

    Qu'est-ce que cet “ascenseur” dont nous parle sainte Thérèse ? On croit comprendre, mais on ne comprend pas ! On veut bien dire avec “la petite Thérèse” qu'on est un rien du tout, une poussière, un jouet dans la main de Dieu ; on essaie bien de faire quelque mortification pour se sanctifier, mais pour si peu de progrès finalement. Alors, on prend la résolution de prendre “l'ascenseur” comme elle le dit, comme elle l’a fait, et alors là, cela ira tout seul... Vraiment ?

    Quand on étudie sa vie attentivement, on voit les efforts héroïques qu'elle a faits depuis sa petite enfance, n'ayant jamais commis un acte délibéré qui soit vraiment mauvais. Si c'est cela qu'il faut que je fasse d’abord, je suis vite découragé. Je ne sens pas la poussée de l'ascenseur. Comment résoudre ce dilemme ? Il est complexe.

    Nous sommes trompés quand nous lisons à la hâte Sainte Thérèse et qu'elle nous assure que sa “petite voie” est très simple, il n'y a qu'à redevenir comme un petit enfant, humble, puis aimer Jésus et avec cela, c'est résolu. Pour résoudre notre dilemme, notre question, il faut avoir à l’esprit cette réalité que je veux exprimer d’une manière très existentielle : Sainte Thérèse est entrée au couvent à l'âge de 15 ans ; l'année suivante, jeune novice, elle est chargée d'être l'assistante de la maîtresse des novices. Et c’est donc à l’âge de 16 ans qu’elle a dû s'occuper de la sanctification de religieuses qui étaient bien plus âgées qu'elle.

    Son trait de génie, qui va nous introduire au secret de la “petite voie”, ce fut de comprendre en s'adressant à l'une, puis à l'autre, puis à la troisième, quel était l’obstacle qui se trouvait à la racine de toutes les résistances que rencontraient ses bons conseils ; quelle était la cause de l'impuissance de ces religieuses à faire le bien, alors que c'était des Carmélites entrées là pour faire oraison, se mortifier et pour monter jusqu'à un grand degré de sainteté. C’est que toujours, dès le premier mot, elle se heurtait à quelqu'un qui avait déjà son quant-à-soi, c’est-à-dire à une personne qu'il fallait respecter dans sa dignité, dans ses convictions, dans sa manière de voir les choses, dans l'autonomie de son jugement. Il fallait faire attention, on ne pouvait pas entrer dans cette âme sinon en sonnant, sinon en se faisant déverrouiller la porte, et que de traverses pour se rendre jusque dans le sanctuaire de cette personne pour lui remplir le cœur de LA vérité qui la délivrerait.

    Cela se passe ainsi dans les Carmels ? Bien sûr ! Pourquoi ? Parce que dans les Carmels aussi, chaque personne a son caractère, appartient à une certaine classe sociale et les relations ne sont pas simples. Quand elles recevaient dans leur cellule la visite d'une sous-maîtresse plus jeune qu'elles, n’ayant que six mois de noviciat, et que cette petite prétendait leur donner des conseils, elles bloquaient les serrures, regardaient par le judas, et fermaient la porte de leur âme. C'était fini !

    Le secret pour entrer dans la “petite voie”, c’est de se retrouver en face de Dieu, en face de la vérité comme une créature qui n'a pas les clefs pour verrouiller les portes à sa disposition, mais qui doit donner les clefs de son âme à Jésus ou à ses représentants afin d’être dirigé par Lui. En un mot, il faut être humble (...) :

    « L’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, Ô Jésus ! Pour cela, je n’ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. »

    Pour sainte Thérèse l'enfance spirituelle, c'est l'Évangile. Elle l’a découvert très jeune. Elle s’est bien aperçue qu’il lui fallait “donner ses clefs” à Jésus, et Dieu sait si elle les lui a données et si cela lui était facile. Cependant, elle avait des scrupules, des retenues, des réticences, qui étaient tout de même la conséquence d’un reste de considération d’elle-même. C'est un certain jour de Noël 1886, ayant reçu Jésus, le Dieu fort, dans la Communion, qu'elle lui a définitivement rendu les clefs de tout son être. Elle a fait alors des progrès et a commencé ce qu’elle a appelé elle-même : « une course de géant » : « Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m’oublier pour faire plaisir, et depuis lors je fus heureuse ! »

    - « C'est donc facile, mon Père, j’ai compris, je vous remets les clefs de mon âme et alors, vous allez m'emporter dans “l’ascenseur”, sur les voies de la confiance et de l’amour, dans l’oubli de moi-même, jusqu'au Ciel ? »

    - « Oui, je vous l'accorde. Mais vous risquez fort de me donner deux clés, mais il y a une petite troisième pour le verrou de sécurité que vous garderez peut-être pour vous ! Or, c'est cette troisième-là qu'il faut donner. »

    Cela n'a l'air de rien, mais c'est la condition de notre conversion et de notre salut éternel. Nous touchons là au problème moral majeur du XXe siècle, et c'est pourquoi la vie, le message de sainte Thérèse sont plus que jamais d’actualité, car il y va du salut de l'Église et partant du salut du monde. Vous ne me croyez pas ? Écoutez sainte Thérèse :

    « Lui, le Roi des rois, Il s’est humilié de telle sorte que son visage était caché et que personne ne le reconnaissait... et moi aussi je veux cacher mon visage, je veux que mon bien-aimé seul puisse le voir, qu’Il soit le seul à compter mes larmes... que dans mon cœur au moins Il puisse reposer sa tête chérie et sente que là Il est connu et compris. »

    « Pour être à Lui, il faut être petit, petit comme une goutte de rosée!... Oh! qu’il y a peu d’âmes qui aspirent à rester petites ! [...]. Notre bien-aimé n’a pas besoin de nos belles pensées, de nos œuvres éclatantes ; s’il veut des pensées sublimes, n’a-t-il pas ses anges ? [...]. Ce n’est donc pas l’esprit et les talents que Jésus est venu chercher ici-bas. Il ne s’est fait “  la fleur des champs ” qu’afin de nous montrer combien Il chérit la simplicité.

    « Jésus sait bien que sur la terre il est difficile de se conserver pur, aussi veut-Il que ses gouttes de rosée s’ignorent elles-mêmes, Il se plaît à les contempler, mais Lui seul les regarde, et pour elles, ne connaissant pas leur valeur, elles s’estiment au-dessous des autres créatures. »

    Tout le secret de la Petite Voie d’enfance tient en ceci : n’être rien à ses propres yeux. Je sais que je ne peux rien faire de bon par moi-même ; je ne revendique rien ; je n’ai nulle ambition si ce n’est d’aimer Jésus seul et d’accueillir son amour, pour Lui faire plaisir. Je lui rends les clés de mon âme et mets ma main dans la sienne. Tout d’un coup, me voilà emportée. Il n’y a plus qu’à aller où l’amour me pousse, pour faire des progrès dans la vertu et entamer une course de géant. Mais voilà, l’obstacle à ce beau programme de sainteté, c’est ce fameux MOI, MOI, MOI, qui interdit à Jésus d’entrer dans mon âme pour la “délivrer du mal”, de son orgueil principalement...

    Et tandis que nous vivons au siècle du culte de l'homme, c’est-à-dire aux antipodes du message évangélique, le message, l’exemple de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est plus que jamais la réponse du Seigneur, l’évangile de la grâce et du bonheur qui s’oppose radicalement à ce culte de l'homme proclamé par le Pape Paul VI à la fin du Concile Vatican II, le 7 décembre 1965, et applaudi par l'ensemble des Évêques en délire. (...)

    Nous vivons depuis lors dans une atmosphère de ténèbres, et si nous voulons nous sauver, il faut se prémunir contre cette mentalité moderne, contre cette doctrine de l'Église moderne, qui veut nous jeter dans l'admiration de nous-mêmes afin que nos cœurs remplis à ras bord par notre suffisance, Jésus ne puisse plus y entrer, et que loin de lui nous nous damnions. (...) Le chemin bien simple et tellement aimable que nous offre sainte Thérèse est étroit, exigeant, mais il mène à une bienheureuse vie d’amour de Jésus et du prochain, ici-bas et pour l’éternité.


    Abbé Georges de Nantes
    Extraits du sermon du 20 sept. 1992 et de la CRC n° 338, sept. 1997, p. 15-16
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    Penelope

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    Re: Qui est le plus grand ?

    Message par Penelope le Jeu 27 Sep - 20:03

    Merci beaucoup, il est magnifique ce texte super!

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    Re: Qui est le plus grand ?

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