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    Mon Salut Eternel, c'est l'affaire la plus importante de toute ma vie !

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    CatholiquedeFrance

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    Mon Salut Eternel, c'est l'affaire la plus importante de toute ma vie !

    Message par CatholiquedeFrance le Sam 13 Oct - 6:16

    Que faire pour mon salut, celui des autres ?


    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Que dois-je faire maintenant pour mon salut ? que puis-je faire pour celui des autres, pour le salut du monde ? Dans la nuit de ma foi, chaque jour m’enfonce au plus profond de ce sombre passage. Quand viendra l’angoisse, reste avec nous, Seigneur, intercédez pour nous, Vierge Marie, mère de mon Sauveur. La vie s’écoule, les années sont déjà plus courtes, les ombres s’allongent : qu’as-tu fait, dis, qu’as-tu fait, toi que voilà, de ta jeunesse ? et de ton âge mûr ! Encore aujourd’hui, qu’as-tu fait pour ton salut, et non pour le tien seulement mais pour celui de tes frères ? La mort approche, demain tu seras appelé à ton tour et tu te réjouis, comme l’insensé, du bonheur d’un jour ? Mon Dieu, comment la nature peut-elle avoir cette force quand elle sait qu’elle doit mourir ? Elle résiste, elle m’oppose son inertie, sa nonchalance, et tout d’un coup les passions inassouvies de ses profondeurs se réveillent, comme si elle sentait le peu de temps qui lui est départi et voulait d’un coup s’emparer de la joie. Pourquoi cet attachement, quand nous ne sommes ici que pour mériter la vie éternelle et que tant de choses doivent soudain nous laisser ? Pourquoi y gaspiller mon cœur puisqu’à la fin nous serons jugés sur l’amour ?

    Il y a dans mes veines un tel attrait de la vie, une telle habitude de la terre et de la maison, que ce m’est d’avance une angoisse, une horreur, de devoir en être arraché. Je renâcle à tout effort, je déteste la souffrance, quand plutôt je devrais en rendre grâces ! Et cependant je me désole d’être ainsi fait et de voir les autres, mes proches, mes bien-aimés, pris comme moi par le monde, les affaires, les plaisirs, ou seulement par cette beauté sereine de votre création. Qu’ils sont rares ceux qui vivent déjà des seuls biens éternels ! Je ne sais pas s’il en existe un seul. Il faudrait chaque jour mourir à soi-même, il faudrait accepter d’immoler chacun son fils unique, comme Abraham et comme Abel le plus jeune agneau de son troupeau... Comment nous sauver de ce monde mauvais quand nos liens nous retiennent et nous y laissent trop heureux, encombrés de tout ce qui n’est pas Toi !

    Quitte à tout perdre, à tout quitter pour mourir, il vaudrait mieux m’y résoudre aujourd’hui. Attendre que la nécessité y pourvoie n’est pas digne d’un Fils de Dieu. L’Évangile nous apprend une voie meilleure que les hurlements de la bête aux abois ou la froideur païenne du stoïcien. Il serait plus sage, et plein d’amour, d’aller au-devant de la mort et d’encourager les autres. Comme le Christ montant, résolu, vers Jérusalem, la Ville qui tue les prophètes... Oui, comme Vous, mon doux Sauveur, qui avez changé pour nous le châtiment du péché en source de bénédictions, l’odieuse mort en Croix rédemptrice, notre implacable destin en sacrifice offert et consommé dans la joie par amour. Non, je n’attendrai pas que vienne la mort ; délivrez-moi de la mort subite et imprévue. Je prendrai délibérément et d’un cœur généreux la voie de la croix, je me mortifierai chaque jour, je perdrai ma vie goutte à goutte pour la retrouver nouvelle, féconde et glorieuse en votre Mystère. Je ne laisserai pas au malheur, à l’accident stupide, à la vieillesse le soin de me dépouiller de ma santé, de mes biens, de mon honneur. Je m’appliquerai à les dépenser en pure action de grâce quotidienne à la Louange de votre Gloire, en reconnaissance de vos miséricordes, pour la sanctification de votre Nom, l’extension de votre Règne, l’accomplissement de toutes vos volontés sur la terre comme au Ciel.

    L’esprit est prompt. Je vois bien qu’il n’y a de libération de mes angoisses qu’à ce prix. Je veux que ma vie ait un sens, je veux qu’elle épouse la marche et le rythme et la vérité de la vôtre, toute de mort et de résurrection. Je voudrais l’offrir comme vous pour mes frères, me dévouer aussi jusqu’à l’épuisement de mon avoir et de mes biens, je voudrais brûler mes vaisseaux pour n’avoir plus rien qui me charme et me ramène au port. Il serait meilleur pour moi d’être livré aux outrages, aux mépris, à la haine de vos ennemis jusqu’à répandre mon sang, que de faire retour à ce monde de péché, de fureurs et de damnation. Là, là seulement je trouverai quelque apaisement au remords de mes fautes, à mon ennui indicible d’une vie gaspillée, à ma hantise du monde qui ne va pas droit et des âmes proches qui se perdent. La voie royale est là, seule libératrice, la voie de la croix, étroite, escarpée, vers la lumière...

    Hélas, je suis homme et non pas dieu. Si l’esprit est prompt, la chair est faible et m’entraîne à cela-même que j’avais résolu d’oublier. Un piège du démon et je tombe, un souffle de vanité et je chancelle, la flamme d’un désir mauvais et je vous renie comme si je ne vous avais jamais connu, une peur m’abat. Alors mon salut entrevu, le salut du monde tant désiré dans ma prière, une nouvelle fois passent sans que je les saisisse mais chaque fois la terreur de ne jamais y atteindre me replonge au plus profond de ma nuit. Nuit de Gethsémani, quand Jésus lui-même, votre doux Fils, pleurait et suait d’angoisse pour ce terrible effort et cette rédemption du monde qu’il lui fallait accomplir. La chair du Fils de Dieu elle-même succombait en pareille nuit, la mienne donc ! J’ai peur de cette croix si longtemps refusée, jamais fortement embrassée, mais redoutée, écartée, détestée ! Le salut est là, la vie, la joie, l’amour retrouvés sont là ; la purification du péché, l’état de grâce, le salut de mes frères, la conversion des pécheurs passent par là, entends-tu ? Je n’entends que ma peur et je reste transi.

    Allons, debout ! Voici l’heure où le Fils de l’Homme sera livré aux mains des méchants. Inéluctable, j’entends l’heure sonner. Je rassemble mes pensées perdues, mes forces disloquées. Toute ma vie et mon éternité, toute ma part au drame de la grande famille humaine tiennent dans cette deuxième veille de la nuit, dans cette Heure. Adieu, mes vieux bonheurs, et ce n’est pas encore l’autre, le terrible, le fulgurant bonheur du triomphe céleste. Plaise à Dieu que ce soit pour demain, avec Toi, dans le Paradis. Cette nuit, entre-deux, voici l’heure de mourir.

    En moi, le sang se coagule, ma force s’est retirée, comment me lèverai-je ? Mais Jésus est là, qui me fait signe. Seigneur, je suis si lâche, si misérable, écrasé sous le fardeau de mes affreux péchés et faible de toutes mes anciennes habitudes. Soyez assez bon pour me tendre la main et pour me relever. Peut-être vais-je vous suivre cette fois, sans défaillance, puisqu’il le faut, puisque je le désire depuis si longtemps, pour de bon. Mon salut en dépend, je le sais, et le salut de tant d’autres qu’il serait effroyable de vous abandonner cette nuit ! Marchons. Il faut avancer vers cette mort, mourir chaque jour, enfin mourir un jour, sans comprendre, en aimant seulement Celui qui, devant moi, homme de misère comme moi, porte sa croix, chancelle lui aussi et tombe pour se relever de nouveau. C’est la vie ! Celle qui passe et comptera pour l’éternité. Car la vraie vie est autre, au-delà du voile que je vais maintenant déchirer. Pitié pour nous dans cette vie éternelle ! Marchons. Bientôt il essuiera les larmes de nos yeux, la sueur de nos fronts et le sang. Ce bon Père.
    Abbé Georges de Nantes
    Pages Mystiques n° 65, mars 1974
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    patrick58

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    Date d'inscription : 24/11/2011

    Re: Mon Salut Eternel, c'est l'affaire la plus importante de toute ma vie !

    Message par patrick58 le Dim 14 Oct - 16:08

    Très beau ! super!

      La date/heure actuelle est Dim 25 Juin - 10:21