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    Seigneur, nous languissons après TOI !

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    CatholiquedeFrance

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    Seigneur, nous languissons après TOI !

    Message par CatholiquedeFrance le Sam 27 Oct - 7:28

    Méditer à la Lumière de la Foi


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    Quel Soleil noir que le tien ! Que Tu existes, voilà certes la chose du monde la mieux avérée. Le Mystère de ton Etre, dans cette certitude, pénètre et envahit tout l’univers. Tu es le Soleil à la Lumière duquel se trouvent manifestes toutes les beautés et les vérités du monde. Mais Toi-même, pourquoi demeures-Tu caché au sein de ta Nuée, pourquoi cette absence, ce silence, cette cruelle, cette mortelle indifférence à nos maux, à nos cris, à nos larmes ? Tu es passé par ces bocages et Tu les as revêtus de beauté, mais pourquoi es-Tu parti si vite, les laissant désolés ? La splendeur de ce que Tu as créé m’exaspère de ne pas T’entendre et Te voir. Ah ! nul ne me persuadera de me perdre dans l’ivresse des créatures quand leurs grandeurs me hurlent leur néant et me convainquent de les fuir pour aller jusqu’à Toi.

    Mais où ? Mais comment ? On dirait que Tu te plais à décourager l’homme et à brouiller ses pistes pour qu’il s’égare et désespère. Ingrate besogne d’apprendre à Te connaître dans ton œuvre ! L’univers sorti de ta Main est beau et laid, bon et mauvais, triste et gai. J’ai vu rire dans des ruines ; j’ai surpris le malheur des riches. Dans un rayon de chaude lumière, j’ai célébré Ta Bonté immense et puis j’ai maudit le jour de ma naissance à pâtir de la méchanceté des hommes que Tu créas. La mienne et celle des autres. Dans la moiteur des jours sans grâce, je me suis demandé pourquoi Tu appelais à vivre et à mourir ces milliards de mouches, bienfaisantes, malfaisantes, qui ne le savent pas et n’en ont point souci. Et j’ai frémi au blasphème de penser que Tu n’en savais rien toi-même. Je T’aime en secret pour tout le Bien que je pressens en Toi, mais Tu me tiens à distance. Nul ne peut voir Dieu sans mourir ? Je n’en finis pas de vivre.

    Soleil levé jadis en Orient, ton Fils Jésus est venu Te révéler aux hommes et leur ouvrir le grand chemin de la Vie Eternelle. À cette annonce, des bergers et des mages se sont réjouis. Là, Tu promettais des Lumières éblouissantes. Les ardeurs du plein midi Te justifieraient alors des ténèbres et des brumes de l’aurore triste du monde. Il aurait fallu tant de siècles d’ignorance, tant de misères et d’horreurs pour préparer les masses humaines à cet Ensemencement de Vie divine ? Sans doute. Tu es juge et non pas moi. Maintenant allait réussir la Création. À la voix du Christ, les enfants des hommes guéris de leurs maux, détournés de leurs erreurs, apprendraient à bâtir la Ville heureuse et fraternelle. Ta Parole faite Chair, ton Fils mort sur la Croix, ta Grâce allaient réaliser toute l’attente et la promesse du monde.

    Mais après les alléluias de Pâques, quelle déconvenue ! Heureux ceux qui ont vu et touché, entendu et suivi Jésus, et encore je n’en sais rien puisque tous L’ont abandonné, haï ou trahi. Mais nous, c’est pire encore. Ces chrétiens qui possèdent leur Sauveur, leur Seigneur et leur Roi, discutent éperdument et de plus en plus ses Titres à leur Foi, les Preuves de sa Résurrection, le Bienfait de sa Religion. Ton Dieu est un Dieu caché, Israël ! Rome, ton Christ est un Sauveur méconnu. Redoublement d’amour et d’exaspération du désir. Lumières neuves, scintillantes, joyeuses de l’Évangile dans la Nuit de Noël. Soleil noir d’une Agonie de mon Sauveur qui continue jusqu’à la fin du monde. Tu veux sauver les hommes, ô mon cher Seigneur, et Tu n’y arrives pas ? Tu ne les forces pas à t’aimer. Pourquoi ne pas les séduire, même rebelles, avec Puissance, comme une femme qu’on force consentante malgré sa peur !

    Toi parti, l’Église est demeurée, fidèle, de siècle en siècle, sauvant ton Oeuvre ; c’est par Elle que je T’ai connu, que je T’ai aimé et servi. J’en conviens, Elle est admirable dans ses saints, elle garde ton Empreinte et vit de Toi, de tes Paroles, de tes Signes, surtout du plus beau de tous, la Messe. Quel Soleil dans ma vie que cet Ostensoir d’Or où Tu rayonnes ta Présence charnelle et spirituelle, sacramentelle, humaine et divine ! Oui, Dieu s’est fait Homme pour que l’homme soit fait Dieu ; et l’Homme-Dieu s’est fait Pain et Vin pour que l’homme se nourrisse chaque jour à la Table de Dieu. Quel beau Projet fut le Tien d’un tel Repas messianique ! Mais quelle triste réalité aujourd’hui, indigne de Toi, indigne de nous ! Ce n’est pas l’humanité, c’est le petit nombre qui y prend part ; il s’y amuse ou s’y ennuie, ne comprenant rien à ce Mystère. Et la foule est retournée depuis longtemps aux oignons et aux viandes d’Égypte. Ce que Tu as fait de plus beau est trop beau pour nous. Ce Pain et ce Vin sont devenus notre condamnation. C’est raté, raté, raté.

    Je sais bien que rien d’autre n’a réussi, rien ne vaut ton Christianisme et il n’y a point d’autre Dieu que Toi. Mais justement, puisque Tu es le vrai, le seul et unique, le bon Dieu, comment te laisses-Tu bafouer ainsi par l’homme ? Comment acceptes-Tu que les immenses fleuves humains coulent, indifférents, aveugles, au long de ton vaisseau sans que personne ne les y embarque et qu’ils s’aillent noyer plus loin épuisés ? Je ne comprends pas pourquoi tant de difficultés sur les voies du Salut, je ne puis me satisfaire de ce que Toi Tu acceptes, dans ta divine Humilité. Surtout, mon cœur se glace à la menace sur tous de cette terrible damnation éternelle. Fais quelque chose si Tu es Dieu, et Tu l’es !

    Ton soleil brille d’une pâle clarté. Il fait froid. Ils se damnent et Toi, Tu y serais indifférent ? Ils méritent l’enfer ! mais ne pouvais-Tu dans ton immense Bonté et ta Toute-Puissance leur faire mériter le Ciel ? Il semble que Tu aies fait tout ce qui était en ton Pouvoir ou selon la mesure de ta Bonté. Un homme peut-il faire plus que Tu as fait ? Je sais, Tu leur as donné ton Fils unique et Lui, par ta Volonté, leur a donné sa Vie ; il n’y a pas de plus grand Amour. Et les saints se sont exténués en prières et en veilles, en prédications et en martyres pour leur faire entendre ta Voix et toucher leurs cœurs. Tu as fait tout ce qui était en ton Pouvoir et, Tu vois, ce n’est pas encore assez.

    Tu donnes à penser qu’un dieu méchant t’arrête. Qu’il existe entre Vous aussi un pacte de cœxistence et un partage du monde. Il n’est que trop vrai, deux camps s’affrontent au service de deux Puissances et pour l’instant c’est l’autre comme si souvent, qui est vainqueur. Pourvu qu’enfin Tu gagnes, ô Seigneur très bon, sur ce cruel Ennemi !

    Voilà. J’ai dit. Ton soleil brille mais sa Lumière est noire et je trébuche en cherchant mon chemin, perdu dans ce cortège de noctambules, dont les uns me soutiennent et les autres me dressent leurs embûches et me font obstacle. En mes mains je tiens une lampe qui éclaire mon pas, pourquoi moi ? Tant d’autres en ont brisé le vase et éteint la flamme. Je sais tout ce que Tu as révélé à l’homme pour son Salut, je vis de tous les Secours que Tu lui as prodigués ; j’en use et j’en abuse, et je ne suis guère différent de ceux qui n’y ont pas accès ou qui Les refusent. Je ne m’étonnerais pas de mon incommensurable, de mon irrémédiable misère si Tu réussissais ton Miracle dans les autres. Mais ni moi, ni eux ni personne ne justifie par son mérite la Dépense que Tu as faite pour lui de ton Sang.

    J’accepte, que puis-je faire d’autre ? J’AIME tout ce que Tu es, tout ce que Tu as fait, tout ce que Tu m’as donné ; je trouve Tout si beau, si précieux, si fragile, si émouvant dans sa fragilité, et dans mon amour je pleure sur toutes souffrances, erreurs, maladies, péchés, mort et damnation, oh ! l’Enfer... Alors, pour tout ce qui est triste et que je ne puis aimer ni accepter, J’ESPÈRE de Toi à l’aveugle quelque ressource inimaginable, quelque miracle inconcevable de ta Miséricorde. Sachant que Tu es meilleur que le meilleur de nous tous et que Tu es plus grand que notre cœur, j’ose guetter l’Aurore d’un avenir merveilleux, universel, et cet autre Monde où tout sera enfin racheté, guéri, transfiguré... Pour le reste, pour les énigmes du monde présent, pour tout ce qui déjà échappe à l’espérance et à l’amour pour toute cette création indéchiffrable, JE CROIS ! Je crois Tout ce que Tu m’enseignes par ton Église. Je ne comprends rien à l’être de mon être ni à la marche des mondes. C’est ton immense Secret. Mais je crois, Seigneur. Sanctifie ma Foi.


    Abbé Georges de Nantes
    Pages Mystiques n° 64, février 1974
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    patrick58

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    Date d'inscription : 24/11/2011

    Re: Seigneur, nous languissons après TOI !

    Message par patrick58 le Jeu 1 Nov - 20:12

    C'est très beau ! bye

      La date/heure actuelle est Lun 23 Oct - 20:56