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    Le Ciel, mon Unique But !

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    CatholiquedeFrance

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    Le Ciel, mon Unique But !

    Message par CatholiquedeFrance le Mar 6 Nov - 7:31

    La joie des citoyens du Ciel


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    Lorsque j’étais séminariste et que je prenais le métro, je me disais souvent en voyant tous ces braves gens, ces ouvriers, ces ménagères, empilés les uns contre les autres : ce sont des citoyens du Ciel. À moins qu’ils ne tombent en enfer, que Dieu les en préserve ! Un jour ils seront aussi beaux, aussi rayonnants qu’une sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ou qu’un Père de Foucauld ou un saint François d’Assise. Il faudra bien qu’ils passent par une purification, car Dieu ne peut vouloir auprès de Lui que des êtres souverainement parfaits. Donc, nous y arriverons, si ce n’est par notre effort sur terre, ce sera par le purgatoire, mais au bout du compte, dans ce Ciel, il n’y a que des citoyens parfaits. Ils sont tous beaux, rayonnants, admirablement purs et limpides, absolument fervents, pleins d’amour de Dieu et du prochain. Nous nous retrouverons sans nos défauts, âmes parfaites. Nous aurons toutes les vertus, ce sera splendide ! C’est déjà splendide, là-haut. Quelle magnifique armée ! Quel magnifique clergé ! Quel magnifique cortège de religieux, de vierges consacrées ! Quelles magnifiques familles de tous âges se sont retrouvées dans le Ciel et vivent ensemble dans la perfection des vertus et de l’amour mutuel ! Rendez-vous compte !

    On ne prête pas assez attention à la perfection spirituelle de ces âmes qui déjà ont échappé aux imperfections et aux malheurs de la terre. Le péché est banni, là-haut, jusqu’à sa dernière trace et aux dernières ombres de la concupiscence. Tous les citoyens du Ciel sont parfaits. Si nous y pensons bien, nous désirerons le Ciel, parce que c’est le lieu du repos pour nos âmes, qu’il n’y a plus de tendance au péché, qu’il n’y a plus à faire attention pour ne pas déplaire à Dieu. Nos âmes vivront dans la perfection de l’amour. En attendant, “ il faut se le gagner ” ce bonheur du Ciel, comme disait sainte Bernadette. Si nous ne le faisons pas ici-bas, le purgatoire le fera pour nous, de force. Mais enfin quand nous entrerons au Ciel, nous aurons les robes blanches de la perfection retrouvée. Voilà la première et la plus importante des transformations que doit opérer la grâce avant que nous entrions dans le séjour de la gloire (…).

    Mais il y a une autre transformation qui n’est pas négligeable et qui est la transformation physique de notre être. Cette transformation se fait à partir de l’heure de notre mort, pour notre âme séparée de son corps, qui en pénétrant dans le ciel reçoit de Dieu les dons qui lui manquaient. Ceux qui ne sont pas très intelligents deviendront intelligents. D’autres qui n’ont pas beaucoup de cœur trouveront une richesse infinie de sentiments. Leurs âmes seront transfigurées dès le jour de leur entrée dans la vision béatifique. Alors, pensez à ceux que vous aimez et dites-vous que lorsque nous nous retrouverons sous les arcades des cloîtres célestes, nous nous admirerons, nous serons souverainement aimables et émerveillés par notre beauté spirituelle. Et nous pouvons déjà penser à ceux qui nous ont quittés et dont nous avons toutes les raisons de croire qu’ils sont au Ciel à cause de leurs mérites. Nous pouvons penser qu’ils sont d’une intelligence très vive, d’un sentiment très riche, préoccupés infiniment de nous venir en aide par leurs prières et leur amour, comprenant tout, même nos péchés, pardonnant tout, intercédant pour nous. Nous ne les avons pas perdus, mais gagnés.

    Enfin, il y aura la résurrection de la chair au dernier jour où nous deviendrons les uns et les autres transfigurés jusque dans notre corps, comme le Christ l’a été le jour de la résurrection et la Vierge Marie, le jour de l’Assomption. Nos âmes viendront réanimer ce corps corrompu. L’âme qui étant la source de la santé, de la vitalité, de l’organisation du corps, ayant au cours de sa vie terrestre été trop faible pour surmonter la maladie, cicatriser les plaies et dominer ce qui dans le corps était malformation ou mutilation va retrouver une jeunesse magnifique, éclatante. Nos corps seront, éclatants de vie, jeunes, admirablement beaux, immortels et glorieux. Car nous serons au Ciel dans notre propre corps tel que nous étions sur terre. Et c’est pourquoi les saints nous exhortent à le punir et à le mâter, parce que plus il aura souffert sur terre, plus sa récompense sera grande, plus il sera lumineux, beau et heureux, participant à la joie de l’âme et à la contemplation de Dieu.

    Le Ciel est une magnificence. Si on pense à la beauté du corps d’Adam et d’Ève et à la beauté plus grande encore de leurs âmes au Paradis terrestre, combien plus grandes et merveilleuses sont la beauté et la lumière, la gloire des âmes et des corps des saints dans le Ciel. Il faudrait être Giotto ou quelque peintre de la Renaissance pour donner quelque image de ce Ciel merveilleux où les Saints et les Anges sur des prés fleuris font des rondes et des danses et chantent les louanges de Dieu. Nous sommes tellement pris dans notre enveloppe charnelle et à court d’imagination que nous ne pouvons rien comprendre des beautés du Ciel. De plus, nos plaisirs et loisirs modernes sont d’une essence tellement basse que nos imaginations sont rivées à ces souvenirs mondains et nous devenons incapables de concevoir, de nous représenter si peu que ce soit les délices spirituelles et merveilleuses du Ciel. Nous sommes de plus en plus dépassés.

    Comprenez, nous ne pouvons tout de même pas imaginer le Ciel comme une cérémonie pastorale et liturgique actuelle, avec de la guitare électrique ! Non ! Tandis que les gens du Moyen-âge si pauvres et ruraux, si simples, à la fois dans leur travail et dans leurs loisirs, avaient dans leur représentation du Ciel, ces liturgies merveilleuses, dans leurs cathédrales romanes et gothiques, qui étaient pour eux une joie de l’esprit et des sens, à cause des lumières, des fleurs, du chant et de la dévotion de ces foules chantantes qui donnaient à leurs âmes une certaine communion dans la beauté et la piété : ils se croyaient au Ciel. C’était au fond une des images des plus fidèles de ce que peut-être le Ciel.

    Pour que nous nous rendions compte de la joie des élus dans le Ciel, il faut nous purifier, sortir de la foire, des agitations du monde, de ses grossiers plaisirs. Il faut nous élever, non pas dans l’abstraction, mais à la recherche de la joie, de la beauté spirituelle et de tout ce qui est limpide, vrai, bon et généreux, et multipliez par dix, par mille, par un million ! Ce sont des myriades de saints qui, chacun à leur place, rendent gloire à Dieu. Si nous sommes heureux d’entendre une chorale de quelques voix, notre joie est plus grande quand elles sont dix ou cent, mille ou dix milles qui chantent parfaitement. Avec l’aide des Anges musiciens, vous comprenez que notre oreille jouira d’une joie débordante. À ce plaisir de l’ouïe, ajouter le plaisir de la vue et voir les costumes aux couleurs variées, les lumières éclatantes du Ciel, les Anges et les saints tournoyant autour de ce soleil qui est Dieu lui-même, alors c’est la béatitude de la vision. C’est ineffable et nous serons bienheureux, mille et mille fois au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Et ceux que nous avons connus ainsi que les saints que l’Église a déjà canonisés sont dans le bonheur du Ciel auprès de Dieu. Alors, en chantant nos Vêpres de la Toussaint, élevons nos cœurs vers cette joie. Au-delà de la pluie, du vent et des nuages, au-delà des tribulations, de la bagarre dans lesquels nous sommes pris, au-delà de nos épreuves, de nos tentations, de nos maladies et de nos souffrances, il y a un Ciel limpide où sont les élus.

    Mais comment ceux que nous avons connus peuvent-ils être dans la joie alors qu’ils voient les larmes de nos yeux ? Saint Bède le vénérable le disait dans les matines de cette nuit : « ils savent que cela ne durera pas. Ils nous voient pleurer et se disent que ces larmes nous mériteront le Ciel. » Les tristesses de la terre ne sont pas comparables à la gloire qui doit être révélée en nous. Elles passent, tandis que s’installe en nous la grande joie d’être parmi les élus. Et un jour, à notre tour, nous aurons cet éblouissement fantastique d’ouvrir les yeux à la Lumière de gloire du Ciel. Ainsi soit-il !


    Abbé Georges de Nantes
    Extraits du sermon 25 de l’année liturgique S 6, le 1er novembre 1967

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