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    Le pape François 1er et l'Eucharistie

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    Le pape François 1er et l'Eucharistie

    Message par Admin le Mer 13 Mar - 21:10

    L’EUCHARISTIE DON DE DIEU POUR LA VIE DU MONDE

    Catéchèse donnée par le Cardinal Jorge Mario Bergoglio
    À l’occasion du Congrès eucharistique international de Québec, Canada
    18 juin 2008



    Introduction

    Le Seigneur proclame : « Je suis l’Eucharistie, don de Dieu pour la vie du monde ». Ce thème de ce 49e Congrès international vient de l’évangile de Jean où le Seigneur proclame qu’Il est le pain vivant descendu du ciel. « Le pain que je vous donne c’est ma chair pour la vie du monde. »

    L’Eucharistie don de Dieu est le thème central de l’exhortation apostolique Sacramentum caritatis de Benoît XVI. Dans la première partie de l’encyclique, le pape nous exhorte à l’adoration de l’Eucharistie comme don gratuit de la très sainte Trinité pour la vie du monde. Et à la fin, dans la troisième partie, l’Eucharistie se partage. Il nous exhorte à nous faire Eucharistie pour tous, comme le Seigneur. La vocation de chacun de nous, c’est d’être pain partagé pour la vie du monde, à l’exemple de Jésus. Dans la première partie de exhortation apostolique, l’Eucharistie est présentée comme don et dans la troisième partie elle est mission. Don de vie qui se reçoit et don de vie qui se donne aux autres. Tel est le désir de Jésus Christ : que le peuple ait la vie en Lui. C’est ainsi également que Jésus est présenté au coeur du document d’Aparecida, avec sa tonalité de louange, d’adoration et de ferveur missionnaire. La vie est don de Dieu et partage.

    Au numéro 354 du document d’Aparecida, il est dit : «L’Eucharistie est le centre vital du monde apte à combler la faim de vie et de bonheur. Celui qui mange ma chair et boit mon sang dans cet heureux banquet participe à la vie éternelle et ainsi notre existence quotidienne se convertit en une messe prolongée ». Entre le don, première partie de l’encyclique, et la mission, troisième partie, l’Église est le motif central de la présente catéchèse d’aujourd’hui: l’Eucharistie et l’Église mystère de l’alliance.

    Pour la présentation de cette catéchèse, je vous propose trois étapes, à la manière d’une lectio divina. La première partie consiste en une brève méditation sur l’alliance. Je considère cela comme une clef pour mieux comprendre le thème d’aujourd’hui. La seconde partie sera une synthèse contemplative au cours de laquelle nous pourrons goûter et admirer quelques représentations de la Vierge, comme femme eucharistique. La troisième partie vise à dégager quelques conclusions pastorales qui nous aideront personnellement dans notre vie ecclésiale.



    La dimension ecclésiale et nuptiale de l’Eucharistie

    L’Eucharistie et l’Église sont mystères d’alliance. Avec le mot alliance, on veut mettre en relief la dimension ecclésiale et nuptiale du don de l’Eucharistie, don par lequel le Seigneur veut se donner à tous les humains. L’Eucharistie est pain vivant donné pour la vie du monde et sang versé pour le pardon des péchés de tous les humains. Tenant compte dans notre coeur de la gratuité du don et son dynamisme missionnaire universel, nous nous situons dans le dynamisme de l’alliance. Cette alliance que personne ne peut rompre. « Qui pourrait nous séparer de l’amour du Christ ?» (Rom. 8,35) dit S. Paul.



    Une alliance nouvelle

    La première chose que nous percevons de l’Eucharistie est qu’il s’agit d’une alliance nouvelle et éternelle, comme dit le Seigneur à la dernière Cène. La liturgie l’exprime très bien dans la prière eucharistique sur la réconciliation. « Souvent, nous les humains avons rompu ton alliance, mais Toi, au lieu de nous abandonner, tu as par Jésus Christ notre Seigneur donné un pardon si solide que rien ne pourra le rompre ». Ce désir ardent d’une alliance que rien ni personne ne pourra rompre, le Seigneur l’a pétri, au cours des siècles dans le coeur d’Israël. Jésus comble et perfectionne ce désir au point de ne laisser aucun espace pour une rupture quelconque. En vue de consolider cette alliance, l’institution se fait avant la passion. C’est un aspect que j’aimerais souligner. Ce rôle de l’alliance avant la passion est essentiel. À devancer son don suprême dans la dernière Cène, le Seigneur transforme ce moment où l’alliance aurait pu être rompue, à cause de la trahison de Judas, en un kairos de temps et d’espace de sainteté, où cette alliance nouvelle se vit pour toujours. Dans ce cadre d’alliance, je désire me référer à cette anticipation eucharistique à l’intérieur de la Passion.



    Une anticipation eucharistique

    En méditant ce mystère, je relève certaines intuitions de Jean-Paul II qui nous aident à voir l’importance de cette anticipation eucharistique. Le pape dit que le vif désir de Jésus est de susciter l’étonnement de l’institution eucharistique. Je fais une parenthèse. La préparation à la célébration ou à la participation de l’Eucharistie doit aller dans ce sens: préparer son coeur en vue de l’étonnement eucharistique.

    Que le Seigneur ait institué l’Eucharistie avant sa Passion, c’est là le motif principal de cet étonnement. Je me réfère à un passage de l’encyclique Ecclesia de Eucharistia: «L'Église naît du mystère pascal. C'est précisément pour cela que l'Eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal, a sa place au centre de la vie ecclésiale. On le voit bien dès les premières images de l'Église que nous donnent les Actes des Apôtres: "Ils étaient fidèles à écouter l'enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain et à participer aux prières" (2, 42). L'Eucharistie est évoquée dans la "fraction du pain". Deux mille ans plus tard, nous continuons à réaliser cette image primitive de l'Église. Et tandis que nous le faisons dans la célébration de l'Eucharistie, les yeux de l'âme se reportent au Triduum pascal, à ce qui se passa le soir du Jeudi saint, pendant la dernière Cène, et après elle. En effet, l'institution de l'Eucharistie anticipait sacramentellement les événements qui devaient se réaliser peu après, à partir de l'agonie à Gethsémani. Nous revoyons Jésus qui sort du Cénacle, qui descend avec ses disciples pour traverser le torrent du Cédron et aller au Jardin des Oliviers. Dans ce Jardin, il y a encore aujourd'hui quelques oliviers très anciens. Peut-être ont-ils été témoins de ce qui advint sous leur ombre ce soir-là, lorsque le Christ en prière ressentit une angoisse mortelle et que "sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient jusqu'à terre" (Lc 22, 44). Son sang, qu'il avait donné à l'Église peu auparavant comme boisson de salut dans le Sacrement de l'Eucharistie,commençait à être versé.Son effusion devait s'achever sur le Golgotha, devenant l'instrument de notre rédemption» (n. 3).

    Misterium fidei. Lorsque le prêtre prononce ou chante ces paroles, les fidèles proclament: «Nous annonçons ta mort, nous proclamons ta résurrection, viens, Seigneur Jésus ». Se référant au Christ, dans le mystère de sa Passion, nous rappelons aussi le propre mystère ecclésial. Le pape énonce, par la suite, les caractéristiques qui font de l’Eucharistie le noyau le plus intime de la vie chrétienne comme don et mission de l’Église. Cela constitue la première et la troisième partie de l’encyclique. Si l’Église naît et chemine pour la vie du monde, le moment le plus important de sa fonction, c’est bien celui de l’institution de l’Eucharistie. Son fondement se réfère à la totalité du triduum pascal. Ici, tout est contenu et concentré dans l’Eucharistie.

    Jésus Christ a confié à l’Église l’actualisation permanente du mystère pascal. Par ce don, il a institué une mystérieuse contemporanéité entre le triduum pascal et la vie ecclésiale, tout au cours des siècles. Chaque fois que nous célébrons le saint mystère, les sources de l’Église sont anticipées et concentrées dans l’Eucharistie. C’est à travers ce don que le Seigneur institue cette mystérieuse contemporanéité entre lui et le passage des siècles. L’encyclique nous invite à nous étonner et à nous émerveiller de la capacité rédemptrice et toute la vie du monde est concentrée dans cet évènement.



    Contenu-anticipation- concentration

    En prenant les mots mêmes de Jean-Paul II: espace et temps, contenu, anticipation et concentration, on remarque que le pape est très original dans sa formulation dense et synthétique. Comment se l’approprier sans lui enlever sa force intrinsèque.

    Il me semble que l’aborder sur un plan pédagogique nous aiderait à comprendre. Quelle valeur pédagogique présente cette conclusion : anticipation et concentration du triduum pascal dans le don de l’Eucharistie ? Il me semble que l’intention du Seigneur nous oriente vers la disposition et la préparation du récipiendaire du don, c’est-à-dire le coeur du disciple dans sa dimension personnelle et ecclésiale. En concentrant tout ce moment dans le don eucharistique, le Seigneur réussit à faire prendre conscience aux disciples qu’ils sont une partie prenante de ce grand sacrifice rédempteur.

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    Pour moi, pas moyen d'afficher la page complète et message d'erreur lorsque je la recharge... what


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