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    Allemagne, appel à défendre les chrétiens en terre d'islam

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    Date d'inscription : 19/11/2011

    Allemagne, appel à défendre les chrétiens en terre d'islam

    Message par Admin le Lun 25 Juin - 12:06


    « Les chrétiens en terre musulmane doivent pouvoir profiter de la même reconnaissance et d’une pareille liberté que celle que découvrent les musulmans en Allemagne. » C’est ainsi que s’est prononcé le président du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag, Volker Kauder, à l’occasion des tables rondes des Journées du christianisme dans le Bade-Wurtemberg le 7 juin dernier, rapporte l’agence IDEA. L’élu fédéral a souligné que les chrétiens étaient les croyants les plus persécutés et a appelé les églises occidentales à ne pas oublier qu’elles appartiennent à la même communauté de foi et à intercéder en faveur de leurs coreligionnaires.

    « Si nous voulons la liberté et une vie sans oppression, nous devons nous serrer les coudes pour être plus forts et efficaces », a affirmé le successeur d’Angela Merkel à la présidence de la CDU/CSU à la Diète fédérale, avant de poursuivre sur le manque de motivation des chrétiens dans la prière pour les persécutés : « Nous avons besoin de redécouvrir la puissance de la prière ! » Précisant qu’il n’est habité par aucune animosité à l’encontre des musulmans, cet homme fort du parti au pouvoir a fait valoir la liberté de religion en tant que droit de l’homme, la plaçant ainsi au-dessus des simples libertés publiques. Si Volker Kauder estime que pendant longtemps le thème des chrétiens persécutés n’a pas été traité par le politique et les églises, la diplomatie allemande se fait de plus en plus porte-parole de ces croyants brimés et menacés.

    L’Allemagne, une puissance également au service des chrétiens persécutés

    Les débuts de l’Empire allemand, au XIXe siècle, avaient été marqués par la Kulturkampf, un combat mené par le chancelier Bismarck contre le catholicisme après la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale lors du Concile Vatican I, jugé comme une menace politique. A l’occasion de ce conflit, le pouvoir public avait exercé de fortes contraintes sur le clergé et discriminé les catholiques, jusqu’à déchoir de leur nationalité allemande les prêtres réfractaires à la mainmise de l’Etat sur le religieux. La Seconde Guerre mondiale a profondément marqué la politique allemande ; si la première puissance économique européenne se montre désireuse de faire entendre sa voix sur la scène internationale après un certain repli politique, elle tient à défendre les sans-voix tels que les chrétiens qui souffrent.

    Volker Kauder, qui a grandi dans une église évangélique (dénomination des églises protestantes traditionnelles en Allemagne) et éprouve de la sympathie pour les autres mouvements évangéliques et pour la liturgie catholique, n’est pas isolé. L’élu, qui a reçu le prix Goldener Compass de la part de l’association des médias chrétiens KEP (Konferenz Evangelikaler Publizisten – Conférence des journalistes protestants) en septembre 2010, est rejoint par d’autres personnalités politiques dans son combat. De fait, si le président du groupe parlementaire ne s’est pas exprimé au nom de la CDU, ce discours ne fait pas tache dans l’approche politique qu’a l’Allemagne de la persécution des chrétiens.

    Dans un pays qui ne vit pas une laïcité parfois mue en laïcisme, la parole en faveur des chrétiens persécutés ne connaît pas de complexe. Des parlementaires fédéraux se réunissent pour un Gebetsfrüstück (« petit-déjeuner prière ») au Bundestag, la Chancelière affirme prier tous les jours pour prendre les bonnes décisions. Il n’est pas étonnant d’entendre Angela Merkel affirmer sans hésiter : « Nous avons des chiffres épouvantables sur la manière dont les chrétiens sont persécutés dans tant de pays. Objectivement, c’est le groupe religieux le plus persécuté au monde. »

    Un aperçu de l’activité politique

    En 2007, après le meurtre de trois chrétiens, dont un Allemand, en Turquie, Angela Merkel avait réitéré la position de Berlin : « J’attends du gouvernement d’Ankara qu’il agisse clairement afin de ne laisser aucune chance à l’intolérance contre le christianisme et les autres religions. Nous avons toujours souligné que nous souhaiterions que les Eglises chrétiennes en Turquie puissent agir plus librement, et nous continuerons à insister pour cela. » L’année suivante, Wolfgang Schäuble, alors ministre de l’Intérieur et aujourd’hui aux Finances, appelait les pays européens à accueillir les Irakiens fuyant leur pays, « en particulier les chrétiens », assurant que l’Allemagne apporterait sa contribution. En juillet 2010, la Chancelière avait transmis au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, des doléances de chrétiens d’Algérie poursuivis pour évangélisation ou exercice du culte chrétien et lui avait fait part de la perception qu’en avait l’Allemagne. Par ailleurs, Berlin suit très attentivement le dossier du pasteur Youcef Nadarkhani, condamné à la pendaison par la justice iranienne pour avoir quitté l’islam ; ainsi, le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, réclame la libération du prisonnier religieux, ou encore une commission du Bundestag a signé une pétition demandant de le grâcier et le libérer. Au niveau de la CDU, qui soutient Nadarkhani, le secrétaire général, Hermann Gröhe, est le parrain politique du pasteur iranien au sein de la Société internationale pour les droits de l’homme.

    Dans un monde en pleine mutation où l’Allemagne retrouve sa place parmi les grandes puissances diplomatiques – par exemple aux côtés des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies concernant l’Iran -, la volonté de Berlin de dénoncer la persécution et la discrimination des chrétiens permettra probablement de faire entendre des souffrances au niveau européen voire mondial.

    L’an passé, Volker Kauder, alors dans son rôle de dirigeant de la CDU, avait fortement demandé à la Turquie de respecter les chrétiens chez elle comme les musulmans sont bien traités en Allemagne : « Nous attendons que les chrétiens puissent bâtir leurs églises. Nous ne ferons pas de compromis ! »

    « Et teneo et teneor » (« Je tiens car je suis soutenu »), référence au cent vingt et unième psaume, était la devise de la Bekennende Kirche, l’église confessante qui refusait la persécution des plus faibles, des différents sous le régime hitlérien. Des mots repris par le Président Johannes Rau durant son mandat ; des mots que pourraient faire leurs les chrétiens persécutés.

    Droit d’auteur : JD Amadeus d’Aigre de Ruffec

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